Les chauves-souris du Québec

chauve-souris

Les chauves-souris sont des animaux vertébrés. Elles  font partie de la classe des mammifères et appartiennent à l’ordre des chiroptères. Ce mot signifie « mains en forme d’ailes ». Ce sont les seuls mammifères volants au monde.

Au Québec, on compte 8 espèces de chauves-souris qui sont regroupées au sein d’une seule famille : les vespertilionidés (du latin vespertilio, qui veut dire chauve-souris et vesper qui signifie le soir).  Les informations qui suivent concernent cette famille.

Anatomie

Les chauves-souris possèdent les caractéristiques suivantes :

  • Le corps est recouvert de poils;
  • L’embryon se développe à l’intérieur du corps de la femelle;
  • La femelle possède des mamelles pour allaiter les petits;
  • La température de leur corps est constante, elle ne varie pas avec la température extérieure. Ce sont des endothermes;
  • La respiration se fait avec des poumons;
  • Le cœur est doté de 4 chambres;
  • La dentition se compose d’abord des dents de lait suivie de la denture finale.
  • Les os des membres antérieurs sont allongés en particulier l’humérus, le radius et les os de la main. Le cubitus est réduit et le pouce situé en haut est le seul os des ailes qui soit muni d’une griffe.

Les chauves-souris peuvent ramper sur le sol en s’appuyant sur leurs membres antérieurs. Les os de la main forment la charpente des ailes qui sont recouvertes de 2 replis de peau constituant le patagium, ou membrane alaire.

Cette membrane s’étend jusqu’aux membres postérieurs en enveloppant la queue pour former l’uropatagium. Il peut servir de filet pour capturer des proies en vol. Il permet également d’avoir une plus grande portance en vol.

Les puissants muscles du sternum facilitent le vol. Pour voler, les ailes effectuent un mouvement de l’avant vers l’arrière, mouvement qui est appuyé par celui des  membres postérieurs.

Les chauves-souris peuvent effectuer 3 types de vol :

  • le vol battu
  • le vol plané
  • le vol sur place

Selon la taille des individus et la vitesse de vol, le nombre de battements d’ailes par seconde  varie de 10 à 19. La vitesse de vol moyenne est de 18,7 km/h chez la pipistrelle de l’Est.

Les oreilles des chauves-souris sont également remarquables. Elles sont grandes par rapport à la taille de la tête et des yeux. L’entrée de l’oreille est protégée par un cartilage, qu’on nomme le tragus. La forme, la taille et la couleur de l’oreille (A) et du tragus (B) sont des critères importants pour identifier les espèces.

La couleur de la fourrure sert également à reconnaître les espèces. Le pelage comporte des jarres et un duvet. Les poils peuvent être bicolores et même parfois quadricolores. Généralement la fourrure recouvre principalement le corps. Cependant le patagium et l'uropatagium sont parfois poilus.

Un mécanisme particulier permet aux chauves-souris de se suspendre la tête en bas, sans effort. Sous le poids de l'animal, un tendon spécial referme les griffes. Elles dorment ainsi enveloppées dans leurs ailes afin de conserver leur énergie et elles n'ont qu'à se laisser choir pour s'envoler. De plus, un système de valves évite l'accumulation du sang à la tête.

Écholocation

Les chauves-souris sont nocturnes. Elles chassent des insectes la nuit. Toutes les espèces vivant au Québec sont insectivores. Elles consomment une quantité impressionnante d'insectes jugés nuisibles pour l'agriculture et la foresterie. Par exemple, en une heure une petite chauve-souris brune peut capturer jusqu'à 600 insectes!

Pour chasser, elles utilisent un système particulier : l'écholocation. Elles émettent des sons très aigus à l'aide de leurs cordes vocales. Ces ultrasons transmis par le nez ou la gueule ont une fréquence oscillant entre 20 kHz et 100 kHz. Ils sont donc imperceptibles pour l'oreille humaine qui perçoit des fréquences de l'ordre de 15 kHz à 20 kHz environ. Certains cris émis par les chauves-souris pour communiquer entre elles peuvent toutefois être perçus, surtout par les jeunes!

Les ondes sonores qui sont propagées se répercutent sur les éléments qui les entourent et reviennent vers les chauves-souris qui les perçoivent grâce à leurs oreilles. Plus un objet est proche et plus l'onde revient rapidement. Le cerveau analyse le retour des ondes et permet aux chauves-souris d'obtenir une image mentale du paysage environnant. La chauve-souris utilise l'écholocation pour se diriger et chasser ses proies. Elle obtient des informations sur la direction, la distance, la taille et même sur la texture de l'insecte.

Les différentes espèces ont des cris distinctifs. Les sons émis par une espèce varient selon les étapes de la chasse : la recherche, la détection, l'approche et l'attaque de la proie. Certains papillons de nuit en mesure de détecter les sons émis par les chauves-souris ont développé des stratégies de fuite en modifiant leur parcours de vol.

On peut identifier les différentes espèces de chauves-souris en analysant des enregistrements de leurs cris à l'aide d'un appareil de détection acoustique qui transforme les ultrasons en sons audibles (par exemple un Anabat).

Comportement hibernation / migration

Dès le mois d'octobre, les chauves-souris se dirigent vers leur site d'hibernation (5 espèces) ou migrent vers le sud (3 espèces). Le lieu où elles hibernent se nomme hibernacle. Il s'agit souvent d'une grotte ou d'une mine abandonnée. Ces lieux doivent présenter des conditions particulières, une humidité élevée et une température légèrement au-dessus du point de congélation. Certaines espèces hibernent en petits groupes, d'autres hibernent seules.

Lors de l'hibernation, les chauves-souris entrent dans un état de torpeur. Leur rythme cardiaque diminue à près de 25 battements / minute et la température de leur corps passe de 36º Celsius à environ 4 à 6º Celsius.

Elles survivent grâce à leur réserve de graisse qui peut représenter jusqu'à 30 % de leur poids. Elles sortent de leur torpeur environ une fois par mois pour faire leur toilette et boire. Ce réveil demande une grande quantité d'énergie car elles doivent hausser la température de leur corps à environ 32º Celsius. L'hibernation est donc une période critique pour les chauves-souris. On doit absolument éviter de les déranger afin de ne pas les réveiller trop souvent.

À leur sortie d'hibernation, les chauves-souris sont en quête de nourriture puisqu'elles ont épuisé presque toute leur réserve de graisse. Les conditions climatiques au printemps sont donc cruciales car il leur faut trouver rapidement de la nourriture. Elles doivent être à l'extérieur au bon moment afin de synchroniser leur sortie avec l'apparition des insectes.

Depuis quelques années, la période d'hibernation est maintenant perturbée par la venue d'un champignon qui s'est répandu dans les hibernacles. Il affecte les chauves-souris en augmentant les périodes de réveil. On reconnaît une chauve-souris infectée par l'apparition de taches blanches sur les parties dénudées de poil (les ailes et le museau), ce qui a valu le nom de syndrome du museau blanc à cette « infection ».

Comportement reproduction

L'accouplement se déroule principalement en automne et même en hiver. Il dure plusieurs minutes, les deux partenaires demeurant soudés l'un à l'autre, suspendus par les pattes arrière. Le sperme est conservé viable dans l'utérus de la femelle. L'ovulation et la fécondation ont lieu au printemps suivant. Les femelles donnent naissance à un, deux et parfois quatre petits selon les espèces. Elles ont généralement deux mamelles. Chez certaines espèces elles se regroupent en colonies pour former des maternités. Lors de la mise bas, la femelle changerait de position afin d'avoir la tête en haut. Le nouveau-né se présenterait par le siège (pattes arrière d'abord). Il serait récupéré dans l'uropatagium pour ensuite s'accrocher à la fourrure de sa mère.

À sa naissance le petit est dépourvu de poil, son corps rose est recouvert d'un fin duvet. Les yeux s'ouvrent quelques heures plus tard et les oreilles se déplient. Il est muni d'une vingtaine de dents de lait! Sa fourrure apparaît entre le 4e et 14e jour.

Le petit est sevré au bout de 3 semaines. Il est en mesure de voler. Il a alors atteint la taille adulte mais non le poids. Il doit faire vite pour se préparer à l'hiver qui approche. Selon l'espèce il migrera vers le sud ou hibernera ici au Québec.

Pour en savoir plus sur les différentes espèces, consultez les fiches descriptives.