La septicémie hémorragique virale



 

La septicémie hémorragique virale (SHV) est une maladie infectieuse causée par un virus. À ce jour, elle affecte plus de 65 espèces de poissons d'eau salée et d'eau douce dans plusieurs pays, dont le Canada. Il n'y a aucun traitement contre cette maladie contagieuse qui peut entraîner la mort des poissons infectés. La SHV n'a aucune incidence sur la santé humaine.

Au Canada, le virus de la SHV a été répertorié sur la côte pacifique et la côte atlantique ainsi que dans les Grands Lacs. La SHV a été identifiée pour la première fois dans les Grands Lacs en 2005, mais elle y serait présente depuis plus longtemps puisqu’elle a été détectée sur des poissons qui avaient été prélevés en 2003 et conservés depuis ce temps. La découverte de la SHV dans les Grands Lacs constitue la première intrusion de la maladie dans les eaux douces canadiennes. Dans cette région, elle a été associée à plusieurs mortalités massives chez plusieurs espèces de poisson, dont plusieurs suscitent un intérêt écologique et économique élevé.

À ce jour, aucun cas de SHV n’a été répertorié au Québec. Toutefois, la probabilité que le virus s’introduise dans les eaux du Québec est très élevé compte tenu de sa présence dans les Grands Lacs. Par conséquent, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a mis en place un plan d’intervention pour prévenir son introduction. La surveillance active de la présence de la SHV dans les eaux du Québec constitue un des éléments majeurs de ce plan puisque le virus sera plus facile à contrôler s’il est rapidement détecté.

Comment reconnaît-on la SHV?

Les poissons infectés par le virus de la SHV peuvent avoir des yeux exorbités, des saignements autour des yeux et à la base des nageoires, des branchies décolorées, un noircissement du corps, un ventre protubérant en raison d’une accumulation de liquide dans la cavité abdominale, une nage en spirale, etc. Les poissons peuvent aussi être porteurs de la maladie sans avoir de manifestations physiques. Par conséquent, l’analyse des poissons en laboratoire constitue la seule façon de poser un diagnostic fiable.

Comment le virus se transmet-il?

La SHV se transmet lors de contacts entre des poissons malades ou porteurs et des poissons sains. Elle peut aussi se transmettre par l’entremise de l’eau contaminée puisque le virus est excrété dans l’urine et dans les fluides sexuels des poissons malades ou porteurs. Le virus peut survivre plusieurs jours dans l’eau, selon la température, les eaux froides (entre 2 et 15ºC) étant particulièrement propices à sa survie. Il pénètre dans les poissons principalement par les branchies et les blessures présentes à la surface du corps. La SHV affecte des poissons de tous les âges et de toutes les tailles.

Comment le virus se propage-il?

Plusieurs éléments contribueraient, à divers degrés, à la propagation du virus de la SHV. Les principaux sont le mouvement naturel des poissons, le transfert de poissons infectés (poissons appâts, ensemencements, etc.), le transfert d’eaux contaminées (eau de ballast, eau de transport des poissons, etc.) et l’utilisation d’équipement contaminé. Les oiseaux pourraient aussi contribuer à propager le virus, mais ils représentent un vecteur nettement moins important.

Comment prévenir la propagation du virus?

Tous les plans d’eau du Québec sont susceptibles d’être contaminés par le virus de la SHV puisqu’ils présentent les conditions nécessaires à sa survie, telles qu’une température froide durant la majorité de l’année et des espèces vulnérables. Plusieurs mesures simples peuvent néanmoins contribuer à prévenir sa propagation. En voici quelques-unes :

  • Utiliser du poisson appât provenant du même plan d’eau que celui où s’effectue la pêche.
  • Ne pas déplacer de poissons vivants ou morts d’un plan d’eau à un autre. Il importe de jeter à la poubelle les poissons appâts non utilisés ainsi que les carcasses des poissons pêchés.
  • Enlever la boue, les plantes aquatiques et les organismes vivants collés aux vêtements et à l’équipement avant de changer de plan d’eau.
  • Lorsqu’un seul plan d’eau est visité au cours d’une journée, nettoyer l’équipement et les vêtements avec de l’eau chaude savonneuse, bien rincer et laisser sécher au soleil.
  • Lorsque plus d’un plan d’eau est visité au cours d’une même journée, désinfecter l’équipement et les vêtements avec une solution d’eau javellisée (une partie d’eau de Javel pour 10 parties d’eau). Laisser agir au moins 15 minutes. Rincer abondamment l’équipement loin des plans d’eau. Jeter la solution javellisée non utilisée dans les égouts publics.
  • Vidanger l’eau du bateau et du moteur avant de quitter le plan d’eau.
  • Vider l’eau contaminée (ex. l’eau des contenants de poissons appâts, des viviers, de la cale du bateau et du moteur), là où elle sera absorbée par le sol.
  • Informer son entourage du problème et des mesures à prendre pour ralentir la progression de la SHV.

Des cours d’eau sous observation

Pour connaître l’état de la situation, un programme de surveillance active a été mis en place au printemps 2007 par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Au Québec, nous effectuons cette surveillance en partenariat avec Pêches et Océans Canada. Dans le cadre de ce programme, 36 échantillonnages de poissons ont eu lieu entre 2007 et 2013 dans le fleuve Saint-Laurent (lac Saint-François, lac Saint-Louis, lac Saint-Pierre, secteur Gentilly-Bécancour, port de Montréal et devant la ville de Saint-Nicolas), la rivière Richelieu, la rivière des Outaouais et le lac Témiscamingue. Consultez le tableau suivant pour plus de détails :

  • Tableau 1. Résumé des échantillonnages de poissons dans le cadre de la surveillance de la septicémie hémorragique virale (SHV) au Québec (Format PDF, 78 ko)

Aucun cas de SHV n’a été détecté parmi les 5 511 poissons analysés entre 2007 et 2013.

Un programme de surveillance visant à favoriser le signalement des épisodes de mortalité ou morbidité anormale pouvant survenir chez les poissons du bassin hydrographique du fleuve Saint-Laurent a aussi été mis en place. Celui-ci s’effectue par le Réseau faune et zoo, qui inclut des médecins vétérinaires, des biologistes et des techniciens de la faune de diverses régions du Québec. Le Ministère assure l’investigation sur le terrain des épisodes de mortalité ou morbidité anormale déclarés dans le cadre de ce programme. Étant donné que la SHV sévit davantage en eau froide (approximativement entre 2º et 15º C), il importe d’être vigilant particulièrement durant les périodes d’avril à juin et d’août à octobre.

Le Ministère invite les citoyens à lui faire part des cas de mortalité massive et anormale de poissons qui pourraient être observés en communiquant avec un bureau de la région visée. Les informations suivantes permettront de mieux traiter les cas rapportés :

  • Date de l’observation.
  • Lieu de l’observation; les informations doivent permettre à une tierce personne de trouver le lieu exact s’il y a lieu.
  • Espèces affectées et longueur des poissons.
  • Estimation des quantités de poissons morts ou moribonds.
  • État des poissons; la prise de photos numériques est recommandée.
  • Observations sur l’environnement des poissons.

Document afférent

  • Stratégie québécoise sur la santé des animaux sauvages –
    Rapport des activités de surveillance – 2008 (Format PDF, 4,32 Mo)
  • Stratégie québécoise sur la santé des animaux sauvages – Rapport des activités de surveillance – 2009 (Format PDF, 7,03 Mo)

La SHV a déjà été détectée chez les espèces suivantes :

  • Dans les Grands Lacs (souche IVb du virus) 
    • Alose à gésier, Dorosoma cepedianum
    • Achigan à petite bouche, Micropterus dolomieu
    • Achigan à grande bouche, Micropterus salmoides
    • Barbotte brune, Ictalurus nebulosus
    • Barbue de rivière, Ictalurus punctatus
    • Bar blanc, Morone chrysops
    • Baret, Morone americana
    • Grand brochet, Esox lucius
    • Carpe, Cyprinus carpio
    • Chevalier rouge, Moxostoma macrolepidotum
    • Chevalier blanc, Moxostoma anisurum
    • Crapet arlequin, Lepomis macrochirus
    • Crapet de roche, Ambloplites rupestri
    • Crapet-soleil, Lepomis gibbosus
    • Doré jaune, Sander vitreus
    • Gobie à tâches noires, Neogobius melanostomus
    • Grand corégone, Coregonus clupeaformis
    • Lotte, Lota lota
    • Marigane noire, Pomoxis nigromaculatus
    • Méné émeraude, Notropis atherinoides
    • Malachigan, Aplodinotus grunniens
    • Maskinongé, Esox masquinongy
    • Omisco, Percopsis omiscomaycus
    • Perchaude, Perca flavescens
    • Queue à tâche noire, Notropis hudsonius
    • Saumon chinook, Oncorhynchus tshawytscha
    • Saumon coho, Oncorhynchus kisutch
    • Touladi, Salvelinus namaycush
    • Truite arc-en-ciel, Onchorhynchus mykiss
    • Truite brune, Salmo trutta
    • Ventre-pourri, Pimephales notatus

  • Sur la côte atlantique (souche IVc du virus) 
    • Bar rayé, Morone saxatilis
    • Choquemort, Fundulus heteroclitus
    • Épinoche à trois épines, Gasterosteus aculeatus
    • Truite brune, Salmo trut