VNO - Virus du Nil occidental



 

Depuis l’été 2000, le Québec a fait preuve de vigilance afin de détecter la présence du virus du Nil occidental (VNO) sur son territoire. Ainsi, une vingtaine de cas d'infection humaine par le VNO ont été déclarés annuellement en 2002 et 2003. De 2004 à 2010, le nombre des cas a considérablement diminué, moins de 5 cas ayant été recensés par année. Depuis 2011, on assiste à une recrudescence des cas d'infection humaine par le VNO. Le nombre de cas d'infection humaine déclaré en 2012 (132 cas) a atteint un niveau record au Québec et a triplé par rapport à l’année 2011 (41 cas). Ces cas sont survenus dans les régions de Montréal, de Laval, de la Montérégie, des Laurentides, de Lanaudière, de la Chaudière-Appalaches, de l’Outaouais, de la Mauricie et de la Capitale-Nationale.

 


Le cycle du VNO

Le cycle du virus du Nil occidental s’établit entre les oiseaux sauvages et des arthropodes. Dans le nord-est de l’Amérique du Nord, ce sont principalement les moustiques du genre Culex qui agissent comme vecteur de transmission du virus.

Le cycle débute au printemps, lorsque les moustiques adultes, qui étaient en dormance pendant l’hiver, redeviennent actifs. Les moustiques femelles se contaminent d’abord en piquant un oiseau infecté par le virus, puis elles vont le transmettre à leurs victimes suivantes. Au cours du printemps et de l’été, le nombre d’oiseaux et d’insectes contaminés augmente donc de façon importante. Certaines espèces d’oiseaux, comme le merle d’Amérique (Turdus migratorius), seraient de bons réservoirs pour le VNO en milieux urbains et périurbains, car le virus se multiplie dans leur sang et y atteint de fortes concentrations. Inversement, il semble que, chez plusieurs mammifères, le sang des animaux infectés ne contienne pas suffisamment de virus pour transmettre efficacement le virus aux moustiques.

L’homme, comme le cheval et d’autres mammifères, est habituellement contaminé par le VNO lorsqu’il est piqué par un moustique qui s’est alimenté sur un oiseau infecté. Toutefois, l’homme et le cheval ne pourraient pas retransmettre le virus à un moustique.

La surveillance chez les oiseaux sauvages au Québec

Depuis 2006, il n'y a plus de surveillance active du VNO chez les oiseaux morts, et le suivi de la situation épidémiologique est effectué uniquement par la surveillance des cas humains et, dans certaines régions, par la surveillance des moustiques porteurs du virus. Toutefois, dans le cadre de la surveillance de l'influenza aviaire (pour plus d’information, voir La surveillance intégrée de l'influenza aviaire au Québec), la population est toujours invitée à signaler les oiseaux sauvages morts au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs , en composant le numéro suivant : 1 877 346-6763.

Est-il possible qu’une personne soit infectée par le VNO si elle consomme de la viande d’un oiseau ou un animal infecté?

Actuellement, il n’y a pas de preuve de transmission du VNO à l’humain par l’entremise de la manipulation de carcasses d’oiseaux contaminés. Toutefois, comme le virus est présent dans le sang des oiseaux infectés, il est recommandé de porter des gants imperméables (latex, nitrile, etc.) pour manipuler les carcasses d’oiseaux. De plus, il demeure important de prendre les précautions sanitaires d’usage lors de la préparation de la viande de volaille et de sauvagine afin de prévenir les risques de contracter une maladie d’origine alimentaire. En outre, on doit toujours s'assurer de bien cuire la viande avant de la consommer.

Comment se protéger contre le VNO

Les adeptes de jardinage et de plein air, de même que les chasseurs, les piégeurs et les pêcheurs, qui passent beaucoup de temps à l’extérieur, s’exposent inévitablement aux moustiques. Ainsi, pour réduire les risques de piqûres de moustiques, et par conséquent les risques d’être infecté par le VNO, les mesures de protection suivantes devraient être appliquées :

  • utiliser un chasse-moustiques à base d’icaridine, de DEET ou d’eucalyptus citron, et ce, selon les indications du fabricant. Ces produits doivent être appliqués en petite quantité et uniquement sur les parties du corps qui ne sont pas protégées par des vêtements. Pour les enfants, la modération est de mise dans l’application de chasse-moustiques. Le produit peut être appliqué sur le chapeau ou sur la casquette afin d’éviter les piqûres à la tête ou au visage;
  • porter des vêtements longs, de couleurs claires, en se rappelant que les moustiques pouvant être porteurs du VNO sont plus actifs la nuit, au coucher du soleil et à l’aube;
  • installer ou vérifier le bon état des moustiquaires aux fenêtres et portes des maisons, chalets, roulottes, tentes et autres équipements.

De plus, comme les moustiques se reproduisent dans l’eau, il est recommandé de prendre les dispositions nécessaires pour réduire les gîtes larvaires à proximité de la maison. Il est notamment conseillé :

  • d’éliminer l’eau qui s’accumule dans des objets extérieurs tels les chaudières, les barils et les vieux pneus;
  • de bien entretenir la piscine et le fonctionnement de la filtration, car la circulation de l’eau empêche les moustiques de s’y installer;
  • d’éliminer l’eau qui s’accumule sur la toile protectrice de la piscine;
  • de couvrir les poubelles et d’installer des moustiquaires sur les réservoirs d’eau de pluie.

Pour plus d’information sur le VNO, vous pouvez consulter le site Internet http://sante.gouv.qc.ca/problemes-de-sante/virus-du-nil/ ou communiquer avec Services Québec au 1 877 644-4545.

Pour toute question de nature médicale, vous pouvez également communiquer avec la ligne Info-Santé en composant le 811.