L'AMÉNAGEMENT DURABLE DES FORÊTS QUÉBÉCOISES

La régénération naturelle au coeur de l'approche québécoise

  • Le Québec a su tirer profit des atouts des forêts en mettant en place des pratiques qui assurent la protection de la régénération naturelle, généralement abondante sur les parterres. L'adoption de cette approche d'exception confère au Québec une unicité au sein des pays producteurs de bois.
  • Les travaux sont exécutés en espaçant les passages de la machinerie pour bien protéger la régénération déjà en place et les sols. Les pratiques sylvicoles et les équipements se sont raffinés au fil des années pour toujours mieux protéger la régénération préétablie. Le Québec a ainsi développé une expertise inestimable dans ce domaine.

  • Ainsi, 80 % des aires récoltées se régénèrent naturellement. Lorsque la régénération naturelle est insuffisante, sur moins de 20 % des superficies, les aménagistes ont recours au reboisement.

L'aménagement écosystémique : un fondement du régime forestier

  • Pour accorder une attention accrue à la biodiversité et aux processus écologiques du milieu forestier, le choix privilégié par le Québec est de miser sur l'aménagement écosystémique. Cette approche considère les forêts globalement, comme des écosystèmes, et s'inspire des forêts naturelles pour guider l'aménagement.
  • En maintenant les forêts aménagées dans un état plus proche de celui des forêts naturelles, la survie de la plupart des espèces serait ainsi mieux assurée.
  • Les interventions sont donc réalisées de manière à reproduire le plus possible la diversité et l'irrégularité observées dans les forêts naturelles, favorisant ainsi une pluralité d'habitats dans les forêts aménagées.
  • Dans la forêt boréale, cela peut se concrétiser par une répartition des superficies de récolte qui imite l'action des feux de forêt, ou encore par le maintien de forêts résiduelles au sein des aires de récolte et de massifs forestiers à proximité.

Une attention particulière aux espèces menacées ou vulnérables

  • Si l'aménagement écosystémique permet globalement d'éviter les pertes de biodiversité, il ne peut répondre systématiquement aux besoins de la totalité des espèces. Certaines d'entre elles qui sont en situation précaire ont besoin d'une attention particulière que l'aménagement durable des forêts doit prévoir.
  • Pour les espèces menacées ou vulnérables (qu'elles aient un statut légal ou soient susceptibles d'en avoir un), on définit des mesures de protection au cas par cas qui tiennent compte de leurs spécificités et de leurs exigences.
  • Les mesures de protection sont intégrées dans les plans d'aménagement forestier et doivent être appliquées par les intervenants responsables des interventions forestières.
  • Dans certaines situations, pour les espèces qui fréquentent de grands territoires comme le caribou forestier, la protection de l'habitat des populations se traduit, entre autres, par la confection de plans particuliers d'aménagement.

Une gestion participative et responsable

  • L'État a la responsabilité de planifier les activités d'aménagement forestier dans les forêts publiques. Cette opération s'effectue en étroite collaboration avec les utilisateurs du territoire. Divers acteurs sont invités à y participer, tels les communautés autochtones, les municipalités régionales de comté, les détenteurs de garanties d'approvisionnement, les gestionnaires fauniques et récréotouristiques, les pourvoyeurs et les acériculteurs.
  • Réunis au sein de tables de concertation, ils expriment leurs besoins, influencent les décisions sur le développement des ressources de leur territoire d'appartenance et discutent ensemble des meilleures solutions à apporter. Près de 40 tables travaillent à la confection des plans de chacune des quelque 71 unités d'aménagement forestier.
  • L'État favorise la participation des communautés autochtones à la gestion et à l'aménagement du milieu forestier. Il a le devoir de consulter les communautés et, s'il y a lieu, de les accommoder lorsque les interventions forestières risquent d'avoir un effet préjudiciable sur leurs droits. Il veille à créer les conditions favorables à leur participation dans la vie économique québécoise par des programmes adaptés à leur réalité.
  • Outre les intérêts des multiples utilisateurs du territoire, les plans d'aménagement intègrent les normes environnementales du Règlement sur les normes d'intervention dans les forêts du domaine de l'État (RNI). Celles-ci visent à protéger les attributs du milieu forestier : habitats fauniques, habitats aquatiques, milieux humides, qualité de l'eau, beauté des paysages, milieux d'intérêt pour les Autochtones, etc. Les intervenants forestiers doivent en tout temps respecter l'ensemble des dispositions réglementaires lors de leurs travaux en forêt.
  • Pour intégrer l'ensemble de ces considérations dans les plans d'aménagement forestier, les planificateurs de l'État disposent d'un processus de planification et d'un ensemble d'outils d'aide à la décision (compilateurs, simulateurs et optimiseurs).