UNE VARIÉTÉ DE TERRITOIRES PROTÉGÉS

De vastes étendues sous protection intégrale

  • Au sein de la forêt aménagée, le Québec a implanté un réseau de grandes aires protégées qui est en progression constante. Exempt d'activités industrielles, ce réseau a pour objectif de maintenir des échantillons représentatifs de la biodiversité des écosystèmes québécois. Il vise aussi à fournir des territoires de référence pour observer les processus naturels et s'en inspirer dans les territoires aménagés.

    • Dans l'ensemble du Québec, 9,16 % du territoire est constituée d'aires protégées, soit une superficie de 153 000 km2, ce qui équivaut à la moitié de l'Italie.
    • En 2007 : 4,79% du Québec était constitué d'aires protégées. La superficie a doublé en sept ans. L'objectif poursuivi en 2015 est d'élever le niveau de protection à 12 % pour atteindre 200 000 km2.
    • En forêt boréale, 9 % du milieu forestier est protégé soit une étendue de 49 500 km2 ce qui représente plus du double de la superficie de la Californie ou encore la moitié de la Hongrie.
  • Le réseau québécois répond aux normes et standards internationaux de l'IUCN (International Union for Conservation of Nature). Il est aussi représentatif de la biodiversité québécoise.

Pour capter des éléments uniques de la biodiversité

  • De petits territoires délimités au sein des unités d'aménagement sont également exempts d'interventions forestières. Ces petites aires protégées ont pour but de protéger des attributs uniques pour la biodiversité. Elles permettent aussi une interconnectivité avec les grandes aires protégées qui sont précieuses pour la faune dans ses déplacements. Ce réseau complémente celui des grandes aires protégées.
  • On compte ainsi :

    • 2 400 « refuges biologiques » pour protéger les vieilles forêts. On vise à en ajouter sous peu 1 300 de plus;
    • près de 220 « écosystèmes forestiers exceptionnels », soit des forêts anciennes comportant des arbres dominants de plus de 300 ans, des écosystèmes rares et des forêts refuges pour la survie de certaines espèces menacées ou vulnérables.

Une grande partie de la forêt boréale soustraite de la récolte forestière

  • En plus du réseau d'aires protégées, le Québec a décidé d'interdire la récolte industrielle de bois dans la frange nordique de la forêt boréale continue. Une frontière a été tracée d'est en ouest entre le 49e et le 51e degré de latitude pour délimiter les territoires où la récolte commerciale peut être faite de façon durable et ceux pour lesquels le risque est trop grand.
  • La limite territoriale d'aménagement soustrait des activités forestières une superficie couvrant 43 % de la forêt boréale continue, soit près de 240 000 km2 ou 30 % du territoire forestier.
  • Un vaste plan d'acquisition des connaissances a permis d'établir scientifiquement cette délimitation. Quelque 875 placettes d'inventaire écodendrométrique ont été implantées dans un territoire difficile d'accès.

Le caribou forestier : une espèce emblématique de la forêt boréale

  • Les populations de caribou forestier ont connu au Québec et au Canada un déclin qui a conduit en 2005 à la désignation de cette espèce comme étant vulnérable au Québec et en 2000, comme étant menacée au Canada. Un premier plan visant son rétablissement a alors été élaboré puis mis en œuvre dans les régions touchées. À la lumière des plus récentes connaissances scientifiques sur l'espèce, un deuxième plan est actuellement en préparation.
  • Le caribou forestier occupe une vaste partie de la forêt boréale québécoise. L'établissement de la limite nordique des forêts attribuables a permis de soustraire les activités d'aménagement sur environ 75 % de son aire de répartition, dont une part constitue des habitats favorables à l'espèce.
  • Dans le reste de son habitat, situé dans la forêt commerciale, on compte environ 20% de superficies exemptes de toute intervention forestière. Ce sont soit des aires protégées ou encore de grands massifs forestiers tenus temporairement à l'abri dans le cadre des engagements inscrits dans les plans d'aménagement intégré.
  • Dans la forêt aménagée, des mesures rigoureuses sont prises dans certains secteurs fréquentés par le caribou pour atténuer les impacts des activités anthropiques.
  • Le Québec explore différentes pistes de solution pouvant minimiser les impacts des activités humaines sur l'habitat du caribou. Les suivis des populations et de l'habitat font partie des priorités d'acquisition de connaissances sur le caribou forestier.