Les agents de protection de la faune : protéger, éduquer, prévenir

 

Les agents de protection de la faune ont le rôle délicat et complexe de maintenir l’équilibre fragile entre l’humain, la faune et ses habitats. Leur devise résume bien leur mandat : protéger, éduquer, prévenir.

Le Ministère compte environ 360 agents de protection de la faune répartis dans plus de 80 points de service au Québec. Ils sont responsables de l’application des lois et règlements qui régissent la faune au Québec. Ces lois concernent, notamment, la conservation et la mise en valeur des espèces fauniques et la protection des habitats. Ayant le statut juridique d’agent de la paix, les agents de protection de la faune possèdent, entre autres, des pouvoirs d’inspection, d’enquête, d’arrestation, de perquisition et de saisie.

C’est en 1867 que les deux premiers agents de protection de la faune ont été nommés au Québec. Il s’agit de M. William Carpenter-Willis de Sherbrooke et de M. Alfred Blais de Rimouski. Autrefois appelés gardes-chasse ou gardes-pêche, ces pionniers ont ouvert la voie aux nombreux agents et agentes qui, depuis bientôt 150 ans, veillent à la protection des ressources fauniques sur l’ensemble du territoire québécois.

Le travail au quotidien

Jour et nuit, 7 jours sur 7, 365 jours par année, les agents sont appelés à travailler sur l’ensemble du territoire québécois, et ce, dans toutes les conditions climatiques. Dans le cadre de leur travail, les agents mènent une lutte constante contre le braconnage. Chaque année, environ 7 000 infractions sont constatées par les agents de protection de la faune (chasse de nuit, possession de gibier ou de poissons au-delà des limites permises, activités de chasse, de pêche ou de piégeage en temps prohibé, etc.). Les amendes en matière faunique pour une première offense varient de 250 $ à 1 825 $ et peuvent atteindre 40 000 $ pour des travaux non autorisés dans les habitats fauniques, notamment dans l’habitat du poisson.

Les agents mènent régulièrement des enquêtes afin de retracer les responsables des actes de braconnage commis contre la faune ou encore inspectent les travaux réalisés dans l’habitat du poisson afin de s’assurer qu’il n’est pas perturbé ou détruit. Ils effectuent aussi des perquisitions et des saisies lors des opérations de démantèlement d’activités de braconnage. D’ailleurs, chaque année, les agents remettent des centaines de kilos de viande de gibier saisis à des organismes de bienfaisance qui les distribuent aux moins favorisés de nos collectivités

Ils effectuent diverses vérifications se rapportant au respect des conditions de garde des animaux en captivité ou encore ils surveillent la chasse interdite aux oiseaux migrateurs. Ils mènent des interventions de prévention et de protection des espèces fauniques menacées et vulnérables dans les diverses régions du Québec. Les agents assurent aussi le respect des ententes de chasse, de pêche et de piégeage conclues par le gouvernement du Québec avec les communautés autochtones.

Dans le cadre de leur fonction, les agents de protection de la faune encadrent et supervisent les assistants à la protection de la faune et les gardiens de territoire travaillant pour les gestionnaires de territoires fauniques structurés, tels que les réserves fauniques, les parcs nationaux, les aires fauniques communautaires ainsi que les pourvoiries et les zones d’exploitation contrôlée. Ces associés sont d’une aide précieuse pour la protection de la faune au Québec.

En fait, le travail des agents est très diversifié et il varie selon les saisons.

Printemps

Au printemps, période du frai pour plusieurs espèces de poissons, les agents travaillent principalement à la surveillance des frayères et à la vérification des pêcheurs afin de s’assurer qu’ils respectent la réglementation. Ils effectuent aussi des inspections liées à la pêche commerciale.

Ils portent également une attention particulière à la protection de l’ail des bois, une espèce floristique vulnérable qui croît dans les forêts du sud du Québec et dont le commerce est interdit.

Été

Durant l’été, les agents sont entre autres affectés à des dossiers concernant la pêche sportive et la protection des habitats fauniques. Ils voient par exemple à la conformité des travaux d’aménagement et de construction réalisés dans l’habitat du poisson afin de s’assurer que cet habitat n’est pas touché. Les agents s’assurent aussi de la protection des espèces fauniques considérées comme étant menacées ou vulnérables et qui comportent aussi bien des poissons et des oiseaux que des mammifères.

Automne

L’automne est la saison par excellence des milliers d’amateurs qui s’adonnent à la chasse sportive. Les agents visitent donc les forêts du Québec, en s’attardant plus particulièrement au respect des règles de chasse du gros gibier, tel que l’orignal, le cerf de Virginie, le caribou et l’ours noir. La fin de l’automne marque le début de la période du piégeage. Aussi, les agents s’affairent-ils à vérifier la conformité des pièges utilisés par les piégeurs d’animaux à fourrure durant cette période.

Les agents collaborent également avec les services de police pour assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens au regard des animaux importuns, tels les ours ou le gros gibier qui se retrouvent parfois en milieux habités.

Hiver

Pendant l’hiver, en plus de surveiller certains secteurs névralgiques (parcs, secteurs utilisés par le gros gibier pour hiverner, etc.), les agents contrôlent les activités de pêche sur la glace et informent les pêcheurs de la réglementation qui s’y applique. Ils profitent de cette période de l’année pour entreprendre plusieurs enquêtes à partir des observations et des informations qu’ils ont colligées au cours des mois précédents.

Les agents visitent aussi les établissements scolaires afin de sensibiliser les jeunes à l’importance de préserver et de protéger les ressources fauniques. Ils rencontrent ainsi plus de 30 000 élèves par année, dans le cadre du programme La faune et vous. Les agents participent de plus à certaines activités grand public tels que des expositions et des salons thématiques dans le but d’informer les citoyens des nouveautés en matière de réglementation et de les sensibiliser à la protection de la faune et de ses habitats.

Tout au long de l’année, les agents font des interventions de prévention et de sensibilisation dans le cadre des divers programmes de formation à l’intention des nouveaux chasseurs et piégeurs, tout en assurant une présence auprès des jeunes, notamment lors de la Fête de la pêche. Plusieurs d’entre eux s’impliquent également dans leur communauté en participant bénévolement à des activités-bénéfice ou en les organisant au profit des organismes de bienfaisance qui viennent en aide aux personnes démunies dans leurs régions respectives.

Équipement de travail

Le braconnage est un véritable fléau pour la faune, que ce soit par la prise illégale de gibier et de poissons ou par la destruction des habitats fauniques. Si les braconniers utilisent de l’équipement technologique de plus en plus évolué, de leur côté, les agents de protection de la faune mettent régulièrement à jour leurs connaissances afin d’utiliser de l’équipement tout aussi spécialisé et sophistiqué qui leur permet d’effectuer un travail efficace. Ils disposent aussi de plusieurs types de véhicules afin de couvrir leur territoire de travail, tels que motoneiges, véhicules tout terrain, vélos, camionnettes et embarcations en tous genres.

Bref, les techniques de surveillance ont changé et, par conséquent, même si un agent ne semble pas présent sur les lieux… il est peut-être tout près! Et comme les agents le disent souvent : « ce n’est pas parce que vous ne nous voyez pas que nous ne sommes pas là! ».

Collaborations précieuses

Dans la lutte contre le braconnage, les citoyens peuvent jouer un rôle primordial dans les actions de sauvegarde des espèces et des habitats fauniques. Par les signalements d’actes suspects ou répréhensibles qu’ils constatent sur le terrain, ils représentent des collaborateurs de premier plan pour les agents de protection de la faune. Les infractions peuvent être signalées, et ce, de façon tout à fait confidentielle en téléphonant à la ligne sans frais de SOS Braconnage qui est accessible jour et nuit.

La protection de la faune compte également sur des collaborateurs à quatre pattes! En effet, l’escouade canine de la protection de la faune est d’une aide précieuse notamment sur les scènes de braconnage, lors des fouilles et des perquisitions ou encore pour la recherche de suspects par le dépistage.

Finalement, les agents de protection de la faune bénéficient de la collaboration du Laboratoire d’expertise biolégale (LEB). L’équipe du laboratoire procède à de nombreuses analyses spécialisées qui apportent une validation scientifique au travail d’enquête des agents.


Voir également