L’historique de la Protection de la faune du Québec

En 1867, au moment de la naissance du Canada, les terres de la Couronne sont transférées aux provinces. Au Québec, un commissaire aux terres de la Couronne prend alors en charge la gestion de la faune. Dès cette époque, il y a des enjeux importants concernant la protection du gibier puisque ce dernier commence à décliner fortement.

Les premiers gardes-chasses du Québec

La même année, les deux premiers gardes-chasses du Québec, M. Alfred Blais et M. William Carpenter-Willis de Rimouski, sont embauchés. Une décennie plus tard, le Québec compte 21 gardes-chasses. Ceux-ci sont nommés sur la base de leur expérience et de leur connaissance de la chasse, de la pêche et des forêts.

On assiste à la même période à l’extinction de deux espèces animales : la tourte et le grand pingouin. À ce moment, les activités liées au braconnage sont aussi nombreuses que les activités de chasse et de pêche légales. Cette situation s’explique, entre autres, par le peu d’effectifs affectés à la protection des ressources fauniques.

La rémunération d’un garde-chasse s’élève alors à 50 $… par an.

Les bases du Service de la protection de la faune

En 1897, M. Louis-Zéphirin Joncas, premier surintendant des Pêcheries et de la Chasse, soumet un mémoire qui suggère les bases du Service de la protection de la faune. Il mise notamment sur :

  • une professionnalisation du travail de gardes-chasses et de gardes-pêches;
  • une surveillance plus structurée du territoire et;
  • la vente des permis de chasse et de pêche.

Malheureusement, ce projet ambitieux ne voit pas le jour, faute des deniers publics nécessaires à sa mise en œuvre. On doit attendre les années 1930 pour que ces principes puissent être appliqués. Le territoire du Québec est alors divisé en neuf districts, et un officier responsable est nommé dans chacun d’entre eux afin d’encadrer les effectifs.

Le permis de chasse coûte alors 1 $ et le coût moyen des amendes s’élève à 8,42 $.

À cette époque, les gardes-chasses reçoivent à leur entrée en fonction un insigne, un code de loi ainsi qu’un carnet d’activités hebdomadaires. Ils utilisent leur propre automobile, lorsqu’ils en possèdent une, et une arme à leurs frais. Leurs principaux mandats sont :

  • de faire respecter la réglementation en matière de chasse et de pêche et;
  • de percevoir les redevances sur les peaux de fourrure.

Professionnalisation du métier

La première école à offrir la formation de garde-chasse et de garde-pêche est l’École des pêcheries de Grande-Rivière, en 1950, à l’aube de la Révolution tranquille. L’ouverture de la nouvelle école de formation, sur la rue Turnbull à Québec, s’effectue en 1959.

Dans les années 60, les conditions de travail s’améliorent :

  • le salaire est revu à la hausse;
  • le véhicule est fourni par l’employeur;
  • les raquettes sont remplacées par des motoneiges et;
  • le premier service de télécommunications est implanté.

Malgré ces avancées, les gardes-chasses et les gardes-pêches travaillent encore bien souvent à partir de la maison :

  • ils offrent les services de vente de permis et d’enregistrement du gros gibier;
  • ils rédigent des rapports et;
  • ils accueillent les citoyens ayant des questions concernant la réglementation.

Les conjointes des gardes-chasses et gardes-pêches effectuaient le travail si leur mari n’était pas à la maison.

Adoption de la Loi sur la conservation de la faune

Le 12 décembre 1969, la nouvelle Loi sur la conservation de la faune est adoptée, avec les effets suivants :

  • Les appellations « garde-chasse » et « garde-pêche » sont remplacées par celle d’« agent de conservation de la faune ».
  • Le Service est renommé « Service de conservation de la faune ».

Les normes d’embauche sont rehaussées et la formation du personnel est transférée dans les locaux de l’Institut de police de Nicolet. En 1979, le Centre de formation et de perfectionnement situé dans le pavillon Le cerf, à Duchesnay, est inauguré. Ce centre, qui se consacre  à la formation initiale et au perfectionnement des agents, fermera ses portes à l’automne 2017, pour être remplacé par un nouveau pavillon adapté à la formation d’aujourd’hui, érigé juste à côté de l’ancien.

Une organisation moderne pour protéger, éduquer et prévenir

Au début des années 1980 :

  • Un programme de sensibilisation de la population à l’importance de préserver et de protéger le patrimoine faunique et ses habitats est instauré.
  • La première ligne d’urgence sans frais, S.O.S Braconnage, est mise en place. Elle permet encore à ce jour de dénoncer des actes de braconnage et des situations d’urgence liées à la faune. Elle offre le service 24 heures par jour, 7 jours sur 7.

En 1992 :

  • La Conservation de la faune du Québec se dote d’une devise, encore fièrement arborée aujourd’hui : « Protéger, éduquer, prévenir ».
  • Le nouveau drapeau de la Protection de la faune du Québec est inauguré.

En 1995 :

  • Une escouade canine spécialement formée pour les besoins des agents de protection de la faune vient prêter main-forte aux équipes dans les enquêtes.

En 2000 :

  • Le service change de nom pour devenir le Service de protection de la faune du Québec.

En 2007 :

  • C’est l’année de l’inauguration du nouvel écusson, de l’emblème et d’un nouveau drapeau pour représenter la Protection de la faune du Québec.

Les agents de protection de la faune d’aujourd’hui veillent au respect d’une dizaine de lois et de près de 150 règlements relatifs à la faune et à ses habitats. Ils ont aussi le mandat d’éduquer la population. Ils entretiennent des liens étroits avec les adeptes d’activités fauniques, mais aussi avec les citoyens, les communautés et les partenaires fauniques

L’avenir de la Protection de la faune du Québec s’annonce aussi prometteur que son passé. Celle-ci s’adapte à son environnement, recrute des agents mieux formés et introduit de plus en plus les technologies dans ses processus de travail.

Ayant à s’adapter aux nouvelles réalités et à composer avec son époque depuis 150 ans, la Protection de la faune du Québec et les agentes et agents demeureront longtemps encore de fiers protecteurs du patrimoine faunique du Québec.