Caribou

La sous-espèce dite « caribou des bois » (Rangifer tarandus caribou) est la seule présente au Québec. Toutefois, dans la province, on distingue trois écotypes de caribous selon le type d'habitat qu'ils fréquentent ainsi que leurs comportements :

  1. l’écotype migrateur (également appelé « toundrique »);
  2. l’écotype forestier;
  3. l’écotype montagnard.

On trouve deux troupeaux de caribous migrateurs dans le Nord-du-Québec, soit le troupeau de la rivière George et le troupeau de la rivière aux Feuilles. En raison d’un déclin démographique important, la chasse sportive des caribous du troupeau de la rivière George et troupeau de la rivière aux Feuilles est interdite au Québec depuis 2012 et 2018 respectivement.

Autres noms communs : Nom scientifique : Nom en inuktitut : Nom commun anglais :
Renne, caribou migrateur Rangifer tarandus

Inuktitut : Tuttu, Tuktu ou Tuttuk
Cri : Atihkw Innu/Naskapi : Atik

Caribou
Reindeer

  

Dans la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec, le caribou des bois de l’écotype forestier est désigné comme espèce vulnérable, et le caribou des bois de l’écotype montagnard, de la population de la Gaspésie, est désigné comme espèce menacée. Actuellement, le caribou migrateur n’est pas concerné par un statut ou une désignation en vertu de cette loi.

 


Identification

Longueur totale : de 170 à 230 centimètres.

Hauteur à l'épaule : de 104 à 140 centimètres.

Poids :
mâle : de 120 à 200 kilogrammes;
femelle : de 80 à 140 kilogrammes.

Coloration :

  • Pelage gris-brun, face, pattes et dessus de la queue généralement plus foncés;
  • Cou, crinière, ventre, croupe et dessous de la queue blanc crème.

Traits externes caractéristiques :

  • Corps trapu, fourrure longue et épaisse;
  • Pattes avec ergots proéminents et placés très bas;
  • Sabots très larges en forme de croissant;
  • Museau très velu, large et tronqué;
  • Queue courte;

Bois pouvant mesurer jusqu'à 120 centimètres de longueur, habituellement porté par les deux sexes, mais plus développé chez les mâles matures. Les bourgeons couverts de velours apparaissent en mars et leur croissance est rapide, de mai à août chez les mâles. En septembre, le velours tombe, puis les bois des mâles matures sont généralement perdus entre novembre et décembre. Ceux des jeunes mâles sont perdus entre janvier et mars. Chez les femelles, la croissance des bois débute plus tard et ils tombent généralement pendant, ou peu de temps après, la période de mise bas, soit entre mai et juillet. Il faut noter qu’un certain nombre de femelles adultes ne développeront jamais de bois. Chez les faons, les bois apparaissent généralement au cours du premier été, peu après la naissance.

 

Habitat

Aire de répartition du caribou (Format PDF, 511 Ko)

Aire de répartition des différents écotypes de caribou (Format PDF, 817 ko)

Le caribou migrateur fréquente la toundra arctique, la taïga subarctique et la forêt boréale. Le caribou forestier demeure toute l’année dans la forêt boréale et dans la taïga subarctique, alors que le caribou montagnard vit dans la toundra alpine et dans la forêt subalpine des régions montagneuses.

Diurne, le caribou est principalement actif (alimentation) à l'aube et au crépuscule et se repose couché directement sur le sol ou sur la neige au milieu de la journée et la nuit.

Domaine vital : La superficie du domaine vital d’un caribou varie énormément en fonction de son écotype, de son sexe, de son âge et de la qualité de son habitat. De façon générale, le domaine vital des caribous montagnards et forestiers est d’une superficie variant de quelques centaines à quelques milliers de kilomètres carrés.

Il est peu commun de faire référence au domaine vital d’un caribou migrateur puisqu’il est grégaire et qu’il parcourt des milliers de kilomètres entre les habitats saisonniers. La superficie couverte en une année est peu représentative des besoins d’un individu. Elle est plutôt le résultat d’une stratégie d’évitement des prédateurs et dépend de la distance entre la toundra arctique et la forêt boréale. Il est donc préférable de définir les besoins d’une population en termes de superficie d’habitat hivernal, d’aire de mise bas et de superficie d’aire estivale. Les corridors migratoires qui relient ces habitats sont aussi répertoriés et d’importance capitale pour cet écotype.

Le caribou migrateur est grégaire et nomade; il se déplace constamment d'un pâturage à l'autre, parfois sur de très grandes distances (1 300 kilomètres) et forme des troupeaux regroupant plusieurs milliers de bêtes de sexes et d'âges différents. Au cours d’une année, les caribous migrateurs que l’on trouve au Québec et au Labrador peuvent parcourir d’impressionnantes distances (de 2 000 à 6 000 kilomètres). Les grands rassemblements surviennent à trois principaux moments : avant la migration printanière, immédiatement après la mise bas et pendant la migration d'automne, lors du rut. Les écotypes de caribous forestiers et montagnards sont plutôt solitaires et effectuent des déplacements saisonniers plus courts.

 

Alimentation

En hiver : Son alimentation repose principalement sur les lichens terrestres et arboricoles. Il se nourrit également de prêles et de carex séchés et de ramilles de saules et de bouleaux.

En été : Elle est plus variée et se compose de tiges et de racines de plantes herbacées, de ramilles de plusieurs arbres et arbustes (saules, bouleaux, bleuets, etc.), de champignons et de fruits (p. ex. : le faux-mûrier). Les mâles se nourrissent peu pendant le rut (automne).

 

Reproduction

Saison : Automne, de septembre à novembre.

La maturité sexuelle est atteinte entre 18 et 30 mois. Afin de signaler son statut de reproducteur, le mâle qu’on dit « polygyne » (qui peut s’accoupler et féconder plus d’une femelle au cours d’une même saison de reproduction) brame, secoue les arbustes avec ses bois et affronte ses rivaux dans des rituels (entrecroisement des bois) généralement sans blessure.

La gestation dure de 225 à 235 jours et la mise bas d'un seul petit (très rarement deux) survient en mai ou en juin, dans un habitat peu propice à la prédation. Le choix d’un habitat et le comportement variant selon l’écotype, les secteurs de mise bas diffèrent eux aussi. Les femelles du caribou montagnard préfèrent les secteurs en altitude, généralement rocailleux, accidentés et dépourvus d'arbres, alors que celles du caribou forestier s’isolent dans des milieux difficiles d’accès. Les caribous migrateurs se regroupent en petits groupes sur une aire de mise bas, située dans la toundra arctique, dont le relief est variable selon les troupeaux. Le caribou forestier recherche un secteur isolé des perturbations anthropiques, loin du réseau routier, où la végétation au sol et le couvert forestier sont de faible densité.

Quelques heures après sa naissance, le faon se dresse sur ses pattes et suit les déplacements de sa mère. Dès l’âge de trois jours, il parcourt des distances minimales similaires à celles des adultes, et il commence à brouter après deux semaines de vie. Le faon a un pelage ondulé brun pâle ou brun rougeâtre, le ventre crème et le museau et le tour des yeux noirs. À un an, il accompagne parfois encore la femelle sur les aires de mise bas.