La biodiversité en milieu agricole

En milieu agricole, la biodiversité fait référence autant aux êtres vivants se développant naturellement qu’aux organismes cultivés et d’élevage. De plus, il est tout aussi important de maintenir la biodiversité dans les sols, les champs cultivés, les élevages, les fossés, les bords de route, que dans les milieux plus naturels comme les cours d’eau, les boisés et les milieux humides.

Un sol sain abrite naturellement une grande diversité d’organismes vivants tels que des bactéries, des algues, des levures, des champignons, des invertébrés comme les vers de terre et même des vertébrés dont certains insectivores. Cette microfaune et cette microflore jouent un rôle fondamental puisqu’elles favorisent la décomposition de la matière organique et, ainsi, assurent le maintien de la fertilité des sols et leur capacité d’autoépuration. Elles réduisent aussi les risques de compaction du sol.


Couleuvre tachetée
(Claude Daigle)

La diversité des gènes présents dans les nombreuses variétés d’une espèce cultivée permet d’amoindrir l’impact d’une maladie qui toucherait plusieurs variétés de l’espèce, mais à laquelle certaines d’entre elles seraient résistantes. Le maintien de la biodiversité contribue ainsi à la stabilité des agrosystèmes. La biodiversité sauvage constitue également un réservoir de gènes qui peuvent être précieux pour l’agriculteur. De nouvelles cultures « améliorées » apparaissent régulièrement grâce aux croisements entre plantes cultivées et sauvages. Certaines espèces apparemment « inutiles » aujourd’hui se révéleront peut-être un jour des ressources indispensables à l’humanité.


Chouette épervière avec proie
(Fred Klus)

La diversité des espèces permet d’équilibrer les rapports existants entre elles. En voici des exemples :

  • Les dégâts causés par un nouveau ravageur peuvent être limités grâce à la présence d’espèces compétitrices ou prédatrices en place. Ainsi, des oiseaux nichant dans les milieux naturels, à proximité des champs en culture, peuvent contribuer à contrôler les insectes ravageurs des récoltes.
  • La présence d’une bande riveraine ligneuse, c’est-à-dire composée d’arbres ou d’arbustes, réduit la présence des rats musqués ainsi que les dégâts, et leur ampleur, causés par les rats musqués en bordure des petits cours d’eau agricole.
  • La diversité et l’abondance des insectes pollinisateurs permettent de meilleures récoltes. Les difficultés actuelles chez l’abeille (mortalité) illustrent bien l’importance du rôle qu’elle joue et la dépendance des cultures envers cet insecte. D’autres insectes indigènes exercent ce rôle en partie.

Enfin, les écosystèmes naturels diversifiés, tels que les boisés, les milieux humides, les bandes riveraines boisées, couvrant des superficies suffisantes, permettent de régulariser le régime hydrique et d’atténuer les dommages causés par les crues printanières. La présence de zones boisées harmonise aussi le paysage et réduit l’impact du vent, ce qui limite l’érosion du sol.


Le bourdon est un des principaux pollinisateurs
en milieu agricole, comme l’abeille.
(Christian Guay)

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