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Les tours d'observation deviennent un outil efficace de protection contre les feux de forêt

Une tour d'observation est une structure en bois ou en acier pouvant atteindre une hauteur de 36 mètres, surmontée d'une cabine ou d'une plate-forme. Érigées sur le sommet d'une montagne dominante, ces tours fournissaient à leur observateur un point de vue exceptionnel sur une région forestière à protéger. Équipé d'outils nécessaires pour la localisation des feux de forêt (détecteur Osborne et longue-vue), l'observateur pouvait, grâce à un quelconque moyen de communication (signaux, téléphone, radio), rapporter sur le champ un foyer d'incendie. Une équipe de combattants était alors dirigée vers le feu, suivant les coordonnées transmises par le gardien de tour. Le chef du Service de la protection des forêts du Québec, W. C. J. Hall, en proposa le premier la construction.

C'est au cours de l'année 1907 que Hall prit connaissance de ce nouveau moyen de détection des feux utilisé aux États-Unis. L'année suivante, invité par le chef forestier des États du Maine, il visita les installations américaines d'Augusta où des tours avaient été construites en 1905. Lors de son séjour, Hall accumula les informations nécessaires pour convaincre l'industrie forestière québécoise de la nécessité et de l'efficacité de ce système.


George-Henri Perron utilisant l'appareil de détection Osborne le 21 juillet 1954 à la tour nº 67 de la St. Maurice Forest Protective Association. Le Osborne Fire-Finder a été inventé par W. B. Osborne du Service forestier américain à Portland en Oregon. Il a été utilisé pour la première fois au Québec au cours des années 1920 et est devenu rapidement une pièce d'équipement essentielle pour les tours d'observations. L'outil consiste en un appareil muni d'une carte du territoire visible de la tour, d'un cercle gradué ou azimutal et d'une alidade. Source 1
À son retour, Hall expliqua, entre autres, qu'une seule de ces tours avait le même effet que 80 des meilleurs hommes de patrouille. Cependant, malgré cet avantage, le coût de construction, évalué à 500 $ pièce, les repoussa un certain temps. Finalement, en 1910, la compagnie Jno. Fenderson & co. prit l'initiative de construire le premier poste d'observation du Québec. Située près du lac Matapédia, à 518 mètres d'altitude, la structure de la tour était faite en acier, munie d'une cabine en bois et reliée par ligne téléphonique au bureau-chef de la compagnie. Au sommet, disait-on, et par beau temps, le gardien pouvait observer jusqu'à 260 000 hectares de forêt.

En 1912, la création de la St. Maurice Forest Protective Association stimula la construction d'un premier réseau régional de tours d'observation. En 1913, huit furent en activité et chaque année l'association en érigeait de nouvelles. Dans la province, le mouvement coopératif de protection prit de l'ampleur et, en 1917, quatre associations protégeaient la quasi-totalité des concessions forestières (19 000 000 d'hectares de forêt). Chacune d'entre elles adopta ce système de tours à feu qui devint, en quelques années, la pièce maîtresse de la protection des forêts au Québec. À la fin des années 1930, près de 500 tours d'observation avaient été construites, reliées par des milliers de kilomètres de ligne téléphonique, telle une toile d'araignée couvrant l'ensemble du territoire québécois d'un réseau global de détection des feux.

Trois gardes-feu sont juchés dans une tour d'observation très rudimentaire de la St. Maurice Forest Protective Association (vers 1920). Source 2
En 1911, la compagnie Charlemagne & Lac Ouareau Co. construit la seconde tour d'observation sur le territoire québécois. Elle est située au sommet de la montagne Ouareau au nord de Montréal. Source 3
Tour Hales Brook de la Southern St. Laurence Forest Protective Ass.. Ce modèle de tour était celui privilégié par le Service de la protection. La petite maison de bois rond servait de résidence pour l'observateur. Source 4

Au milieu des années 1960, ce système, quoique très efficace, était devenu trop dispendieux. Rapidement, on le remplaça par l'aviation.

Source 1 : Archive nationale du Québec à Trois-Rivières. Fond de la St. Maurice Forest Protective Association.

Source 2 : Archive nationale du Québec à Trois-Rivières. Fonds de la St. Maurice Forest Protective Association, cote P27-5533.

Source 3 : Archive nationale du Québec à Trois-Rivières. Fonds de la St. Maurice Forest Protective Association, cote P27-5542.

Source 4 : Album photo de la Sopfeu à Rimouski.




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