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Historique de la détection


Cette section présente les principaux événements qui ont marqué l'évolution des moyens de détection.

Garde-forestier (1874)

L'idée de nommer des gardes-forestiers revient à M. Louis-Adoplphe Robitaille, fonctionnaire depuis quatorze ans au département des Terres de la Couronne et surintendant des Bois et Forêts. En tant que participant au comité spécial de 1868, celui-ci proposa l'idée de nommer des gardes-forestiers qui demeureraient constamment dans la forêt ou aux abords de celle-ci, en vue non seulement de protéger la forêt contre les ravages des incendies, mais aussi contre le vol et le pillage exercés par ceux qui coupent du bois sans licence. Les premiers gardes-forestiers furent nommés en 1874.

Surintendants des feux (1889)

L'ordre-en-conseil nº 328 du 3 juillet 1889 autorise les premières nominations des surintendants généraux. Pour chacune des régions sauvegardées, le commissaire des Terres de la Couronne nomme un surintendant des feux de forêt. Cet officier a pour mandat d'exécuter les prérogatives de la loi sur la protection en vigueur et doit diriger un certain nombre de personnes mises à sa disposition, notamment les gardes-feu. Une grande partie du travail du surintendant consiste à donner les explications requises aux colons qui mettent le feu à leur abattis et à afficher des placards dans les endroits les plus fréquentés. Il doit également enquêter sur des cas spécifiques et faire rapport au commissaire lorsque le feu occasionne des dommages. À la fin de chaque saison, le surintendant et les gardes-feu doivent produire un rapport de leurs activités. Les surintendants engagés reçoivent un salaire de 600 $ par année, à l'exception d'un employé du département des Terres de la Couronne qui reçoit un salaire de 1 800 $ à titre de surintendant garde forestier, en plus du remboursement de ses dépenses.

Gardes-feu

1889

Pour appuyer le travail des surintendants, on procède en 1889 à l'engagement de gardes-feu (Resident Fire Gardians) choisis parmi les résidents des environs, principalement en raison de moyens de transport et de communication restreints. L'embauche d'hommes parlant le langage du voisinage est un atout. Ils ont pour rôle de prévenir et de combattre les incendies. Ces individus, nommés pour une période déterminée et vivant près des bois, doivent rapporter de manière efficace toute infraction à la loi. Ils reçoivent un salaire mensuel de 50 $ à 60 $, somme qui est rapidement récupérée par l'économie de milliers de dollars, conséquence directe de la protection de la ressource. Au même salaire, le gardien peut également remplir les fonctions de garde-chasse et garde-pêche, rendant l'investissement triplement rentable. La fiabilité de ces gardiens est assurée par le prestige lié à leur tâche.

Afin d'obtenir l'organisation la plus efficace possible, on subdivise les régions sauvegardées de la même manière que le sont les districts des gardes-forestiers. Cette façon de faire permet une meilleure planification du travail des gardes-feu.

Le garde-feu est généralement nommé pour assurer la surveillance des terrains licenciés spécifiques, jugés plus à risques. Le travail est épisodique et peu de gardes-feu travaillent pendant toute la saison. Des gardes spéciaux peuvent être nommés à l'occasion, mais ceux-ci sont employés par les licenciés qui doivent défrayer leur salaire et leurs dépenses. Ils demeurent toutefois sous les ordres du surintendant.

1894

Après quatre ans de travail par à-coups, le gouvernement décide d'implanter une organisation sérieuse, jugeant que le système embryonnaire de gardes-feu a suffisamment de potentiel pour être amélioré. En 1894, une équipe permanente de 27 gardes-feu est mise en place pour protéger le district nº 1 de la région d'Ottawa. Le grand test débute. Les gardes ont pour mandat de patrouiller le secteur qu'ils habitent et les alentours pendant cinq mois. La durée de protection s'étend du 1er mai au 30 septembre et peut se prolonger si le climat le l'exige. Les parcours sont dessinés en fonction de la valeur des lots et des niveaux de risques (draveurs, défricheurs). Le système de surveillance et le nombre de gardes-feu sont établis à partir du réseau hydrographique de la région, réseau routier de l'époque.

1901

Les exigences auxquelles doivent répondre les gardes-feu font l'objet d'un premier manuel de protection paru le 15 avril 1901. Intitulé « Instructions générales » pour les gardes-forestiers et remarques sur les causes principales de feux dans les bois, cet ouvrage, publié par N. E. Cormier, informe les gardes-feu des tâches et des devoirs qu'ils doivent accomplir dans les districts de protection :

  • faire respecter les lois sur la protection des forêts, tout comme celles concernant la chasse et la pêche;
  • parcourir l'ensemble du territoire qui leur est assigné à pied, à dos de cheval ou en canot, et ce, même le dimanche;
  • travailler de concert avec les gardes-forestiers des compagnies forestières et chercher à s'entendre avec eux sur les moyens de prévenir les incendies;
  • tenir un journal mensuel : point et heure de départ le matin, ce qui a été fait pendant la journée, les lieux où des placards ont été posés, le lieu de l'arrivée le soir, la distance approximative parcourue pendant la journée, les conditions météorologiques et toute autre information jugée pertinente par le garde. Ce rapport est remis en deux copies au plus tard le cinq de chaque mois au surintendant. Le détenteur de limites, ou un de ses agents, doit examiner le rapport, l'approuver et le retourner au département à Québec. Le rapport doit contenir l'état de compte signé par le garde et certifié par un juge de paix ainsi que par un porteur de licence;
  • afficher les lois ayant trait aux incendies, à la chasse et à la pêche, aux endroits les plus fréquentés et remplacer les affiches détruites ou altérées;
  • expliquer aux défricheurs les facettes de la loi et les amendes qu'elle prévoit en cas d'infractions;
  • chasser les squatters des lots;
  • voir à ce qu'un homme de confiance soit nommé pour chaque équipe de flottage lorsque vient le temps d'allumer et d'éteindre les feux de camp;
  • assurer un suivi des activités des pêcheurs et des chasseurs. Communiquer les changements de territoire;
  • après le passage d'orages violents, lorsque le garde croit que la foudre est tombée sur son territoire, il doit rapidement localiser les incendies et veiller à les éteindre le plus tôt possible;
  • surveiller le passage des trains et remarquer s'ils causent des dommages. Si tel est le cas, ils doivent inscrire le numéro de la locomotive et le nom de la compagnie puis transmettre ces informations au département. Il doit aussi sensibiliser les chauffeurs à la nécessité de se servir d'écrans ou de bonnets de fil de fer servant à empêcher l'évacuation des flammèches hors de la locomotive, tel que cela est requis par la loi. Il doit également vérifier que les conducteurs n'aient apporté aucune modification aux filets, qu'ils ont tendance à agrandir pour améliorer l'efficacité de leur machine;
  • toute infraction au code de travail institué par le surintendant, telle qu'édictée dans son guide sur les « Instructions générales », peut entraîner le congédiement;
  • pendant la tournée, le port de l'insigne est obligatoire. L'insigne sert à identifier le garde-feu et à augmenter sa légitimité souvent contestée par les fautifs. Un suivi serré des insignes de garde-feu est fait pour empêcher que d'anciens gardes ou des voleurs utilisent l'insigne pour tromper les colons. L'insigne que distribue le service de protection fournit donc à ces hommes une pièce d'identité reconnue, étant utilisée depuis longtemps par les gardes-forestiers.

Patrouilleur terrestre (1890)

1890

Première patrouille terrestre par un garde-feu. À la demande d'un concessionnaire, le garde-feu Dubuc patrouille les locations nos 484, 485 et 486 de John Rudolphus Booth, important marchand de bois de la vallée de l'Ottawa. Aidé d'un plan et d'outils rudimentaires, il doit « prévenir les feux qui pourraient être allumés dans l'étendue des locations, par l'échappement du feu des fournaises, de la boîte à cendres ou des cheminées de locomotives qui circulent en cet endroit ».

1898

Au mois de juin 1898, l'expérience concluante du district nº 1 est étendue au secteur forestier du bas de la rivière des Outaouais et de la Vallée du Saint-Maurice pour la saison de feu 1898. Des équipes permanentes de patrouilleurs terrestres circuleront dans le district de protection nº 2.

Tour à feu (1907)

C'est à partir de 1907 que les rapports gouvernementaux révèlent un intérêt pour un système fixe de détection d'incendies. Le Maine a établi un système de signaux (lookouts) sur les sommets des montagnes, près de la ligne frontière des États-Unis, dans la région du lac Mégantic. Le gouvernement regarde si ce système peut être appliqué au Québec sans trop d'investissement. À partir de ce moment, l'intérêt est soulevé et un réseau de tours de guet est établi. L'aménagement se fait graduellement pour atteindre son apogée après la Seconde Guerre mondiale. Le réseau décline à la fin des années 1960.

Avion de détection (1915)

1915

Au printemps 1915, un première étude sur l'utilisation de l'avion pour la protection des forêts est menée. Hall, l'auteur de l'étude, constate que le coût est encore un obstacle. Des aéroplanes ont déjà été utilisés aux États-Unis pour localiser les incendies de forêt et en observer l'étendue. « Il faut s'attendre qu'à l'avenir l'aéroplane joue un rôle des plus importants dans la protection des forêts puisqu'il est le seul moyen efficace de faire des observations sur une grande superficie. Il est plus que probable que le coût de ces machines tombera bientôt à la portée de tout gouvernement et il s'ensuivra immédiatement un progrès rapide. Nous serons surpris d'avoir pu nous en passer pendant si longtemps », affirme M. Hall.

1919

Premier essai d'hydravions pour la surveillance des forêts par la St. Maurice Forest Protective Association. Deux appareils Curtiss HS-2L à hélice propulsive basés à Halifax ont été mis à la disposition du gouvernement de la province par la Marine. L'un des avions fut baptisé « La Vigilance ». Stuart Graham fut engagé comme premier pilote, Bill Kahre comme ingénieur mécanicien et Mme Graham comme navigateur. Le départ de Halifax eut lieu le 5 juin 1919. Après plusieurs péripéties, les deux avions furent mis en service pour la première fois au mois de juillet 1919. Les premières envolées forestières eurent lieu à la fin du mois de juillet. Durant la période d'essai, au-delà de 40 voyages aériens ont été accomplis pour une distance parcourue d'environ 4 500 milles. Considérant que chaque envolée couvre environ 20 milles de largeur, la surface patrouillée est estimée à 180 000 milles. Cet essai démontrera à quel point l'emploi des hydravions est pratique pour la protection des forêts.

Création de la station aérienne de Roberval dont le personnel se compose de trois pilotes, trois observateurs, un photographe, de quelques mécaniciens, gréeurs et manœuvres. Elle dispose de quatre hydravions. « Le type de machine employée est un grand biplan, genre bateau. Il est propulsé par un moteur de 400 chevaux; sa vitesse moyenne est de 60 à 70 milles à l'heure et il peut transporter cinq personnes ». Selon l'auteur, le but de la station est double : patrouiller les forêts pour détecter les incendies et faire de la reconnaissance aérienne.

1921

L'aviation est de plus en plus employée par le gouvernement et les compagnies privées. On utilise la base de Roberval.

Draisine (1917)

Afin de limiter les effets destructeurs de la colonisation et d'offrir un service adéquat de protection, M. Hall a mis sur pied, dans la région de l'Abitibi, une organisation spéciale de protection. Cette première expérience consiste à placer des gardes-feu qui s'occupent exclusivement de ce travail pendant la saison des feux et à fournir du matériel afin de contrôler et de prévenir les incendies. Huit gardes-feu sont en service sous les ordres de Julien Beaudry. L'année précédente, M. Piché, chef du Service forestier, obtiendra plus de crédits pour développer cette nouvelle organisation qui aura de plus pour tâche de surveiller les lignes de chemins de fer du Transcontinental à l'aide d'une draisine.




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