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La biodiversité du milieu forestier

Le 1er avril 1996, le gouvernement du Québec, qui souscrit aux grands principes du développement durable, se dotait d'une Stratégie de mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique. Depuis, le Ministère collabore étroitement à l'implantation de cette stratégie et à la réalisation de plusieurs volets du plan d'action qui en découle, dont celui réservé au milieu forestier.

Conscient de ses responsabilités, le Ministère s'efforce d'assurer le maintien de la biodiversité dans l'ensemble des forêts du Québec. Pour ce faire, il a recours à diverses mesures pour, notamment, protéger les espèces et les écosystèmes menacés, exceptionnels ou fragiles. Il favorise également l'élargissement des connaissances et le développement de nouvelles approches sylvicoles. Enfin, le Ministère module ses programmes, ses politiques et ses pratiques de gestion de manière à ce qu'ils contribuent à préserver la diversité biologique du milieu forestier.

Les mesures législatives

Le législateur reconnaît que les forêts jouent un rôle de premier plan dans le maintien des processus et de l'équilibre écologiques à l'échelle locale, nationale et mondiale grâce à leur contribution à la protection des écosystèmes terrestres et aquatiques et à la conservation de la biodiversité. Dans le préambule de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, il réitère l’importance qu’il accorde aux six critères de l’aménagement durable des forêts, dont celui de la conservation de la diversité biologique.

Depuis les débuts de la refonte du régime forestier en 2010, le gouvernement a intégré à la loi des dispositions qui visent :

  • à partager sa vision, ses orientations et ses objectifs en matière d’aménagement durable des forêts, et notamment à l’égard de la conservation de la biodiversité;
  • à renouveler ses normes de protection des espèces et des écosystèmes par la révision de sa réglementation;
  • à planifier l’aménagement des forêts sur la base d’un aménagement écosystémique;
  • à favoriser un aménagement forestier qui reproduit les principaux attributs de la forêt naturelle.

L'acquisition de connaissances

Le Ministère poursuit différents projets de monitorage et de recherche en vue de vérifier le bien-fondé des enjeux soulevés par l’aménagement durable du territoire forestier et de proposer des solutions, au besoin.

Ces projets, dont certains sont réalisés conjointement avec des partenaires gouvernementaux ou universitaires, portent, entre autres  :

  • sur les régimes de perturbations naturelles et l’état des paysages forestiers de référence afin d’établir des cibles d’aménagement écosystémique;
  • sur la structure et la composition des vieilles forêts dans la zone de forêt tempérée;
  • sur les effets des stratégies d’aménagement écosystémique sur la biodiversité et les habitats fauniques;
  • sur la considération des besoins du caribou des bois lors des interventions forestières dans un certain nombre de régions du Québec (Côte-Nord, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Gaspésie et Abitibi);
  • sur la vulnérabilité des forêts aux perturbations naturelles dans un contexte de changement climatique.

La protection des espèces et des écosystèmes rares, exceptionnels et fragiles

Protection des espèces menacées ou vulnérables

Les forêts québécoises renferment plus de 2 400 espèces d'animaux vertébrés et de plantes vasculaires. Environ 17 % de ces espèces seraient en difficulté. La Loi sur les espèces menacées et vulnérables, adoptée en 1989 a permis la désignation de plus d’une centaine d’espèces, dont 84 sont associées au milieu forestier. Parmi ces dernières, on trouve : le ginseng à cinq folioles (Panax quinquefolius), l’aplectrelle d'hiver (Aplectrum hyemale), le carcajou (Gulo gulo), la tortue des bois (Glyptemys insculpta) et le garrot d’Islande (Bucephala islandica).

Dès 1996, le ministère des Ressources naturelles signait, avec les autres ministères responsables de l'application de la Loi sur les espèces menacées et vulnérables, une entente administrative, dont l'objectif premier est d'assurer la prise en compte et la protection des espèces menacées ou vulnérables et de leurs habitats dans les activités d’aménagement forestier sur le territoire de l’État. Rappelons que l'expression « espèces menacées ou vulnérables »réfère à la fois aux espèces désignées comme menacées ou vulnérables et à celles qui sont susceptibles de l'être.

À l’heure actuelle, plus de 62 espèces floristiques et huit espèces fauniques bénéficient de mesures de protection sur les territoires publics soumis à l’aménagement forestier, notamment le calypso bulbeux (Calypso bulbosa), le conopholis d’Amérique (Conopholis americana), le pygargue à tête blanche (Haliaetus leucocephalus) et l’aigle royal (Aquila chrysaetos).

Les écosystèmes forestiers exceptionnels

La responsabilité de préserver les écosystèmes forestiers exceptionnels, qui comptent parmi les joyaux les plus précieux du patrimoine forestier québécois, incombe tant aux individus qu'aux divers paliers de gouvernement. Le Ministère reconnaît actuellement trois types d’écosystèmes forestiers exceptionnels : les forêts anciennes, les écosystèmes forestiers rares et les forêts refuges d'espèces végétales menacées ou vulnérables.

Les forêts anciennes sont des peuplements qui ont généralement été très peu affectés par les perturbations naturelles et les activités humaines. Elles abritent des arbres vivants de tous les âges et des arbres morts, toujours debout ou couchés, au sol, à tous les stades de décomposition. Les arbres dominants y ont un âge vénérable.

Les forêts rares sont exceptionnelles à cause de l'agencement des espèces végétales qu'elles renferment ou en raison de leur structure. Peu répandues, elles ne couvrent habituellement que de petites superficies. Leur rareté peut être naturelle, donc résulter de conditions écologiques particulières, mais elle peut aussi résulter de l'activité humaine. On la mesure non seulement à l'échelle du Québec, mais aussi à celle d'unités territoriales de moindre envergure.

Les forêts refuges abritent une ou plusieurs espèces végétales menacées ou vulnérables. Elles peuvent renfermer une population remarquable de l'une ou l'autre de ces espèces, ou une concentration significative (au moins trois) de ces même espèces, ou, enfin, une espèce menacée ou vulnérable très rare.

Les écosystèmes forestiers exceptionnels dénombrés jusqu'à maintenant l'ont été dans toutes les régions du Québec. Un peu plus de la moitié des écosystèmes forestiers exceptionnels sont situés sur des propriétés privées. Les autres ont été repérés sur des terres du domaine de l'État et la plupart d'entre eux sont protégés à titre d’écosystèmes forestiers exceptionnels classés, en vertu de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, ou encore sont inclus dans des parcs, des réserves écologiques ou d'autres aires protégées.

Depuis 1997, une directive administrative assure la conservation temporaire de toutes les forêts exceptionnelles situées sur les terres du domaine de l'État. Cette mesure a été renforcée en 2002 par l’adoption de mesures législatives. En effet, en vertu de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, le ministre peut classer un territoire comme « écosystème forestier exceptionnel » après avoir effectué les consultations requises. Le Ministère avait ainsi officialisé, en 2013, la conservation légale de 208 sites d’écosystèmes forestiers exceptionnels qui font désormais partie intégrante du réseau québécois des aires protégées.

La protection des vieilles forêts

La raréfaction des vieilles forêts dans les territoires forestiers aménagés est une préoccupation internationale qui fait l'objet d'un large consensus parmi les spécialistes. Or, si ces forêts deviennent trop rares, certaines espèces fauniques ou floristiques pourraient voir leur population diminuer à des niveaux non souhaitables. L'une des façons de traiter cet enjeu est de soustraire, de façon permanente, certaines superficies forestières à toute activité d'aménagement afin d'y conserver intactes des forêts mûres ou surannées représentatives du patrimoine forestier ou, encore, d'y laisser vieillir naturellement des forêts plus jeunes. Ces territoires seront alors plus susceptibles d'abriter des forêts ayant atteint ou dépassé l'âge de maturité commerciale et, du même coup, de fournir des habitats propices aux espèces associées aux vieilles forêts.

Les refuges biologiques constituent la pierre angulaire des mesures mises en œuvre pour assurer le maintien d'une proportion significative de vieilles forêts sur le territoire. La présence d'un grand nombre de refuges biologiques favorise la conservation de la biodiversité, puisqu'ils peuvent servir de « foyer de dispersion » pour les espèces à petit domaine vital associées aux vieilles forêts ou, encore, de « relais de dispersion » pour les espèces à plus grand domaine vital.

Afin d'assurer la protection permanente de ces territoires, le gouvernement insérait, en décembre 2007, de nouvelles dispositions dans la Loi sur les forêts pour permettre leur désignation légale à titre de refuges biologiques. De plus, comme les refuges biologiques légalement désignés sont soustraits aux activités minières, ils peuvent être reconnus à titre d'aire protégée et ainsi contribuer au réseau québécois des aires protégées.

Le développement de nouvelles approches sylvicoles

Aménager la forêt de manière à maintenir ou à restaurer la diversité naturelle des écosystèmes forestiers après la récolte constitue un défi de taille. Pour le relever, on tend de plus en plus à s'inspirer de la nature lorsqu'on intervient dans le milieu forestier. Cette approche, qui a des adeptes dans plusieurs pays, est née du constat que les paysages qui résultent des opérations forestières ne ressemblent pas nécessairement à ceux qui sont créés par des perturbations naturelles, comme le feu, le chablis ou les épidémies d'insectes. Or, plusieurs spécialistes croient qu'il faudrait se rapprocher de ce type de paysages lors des opérations forestières, afin que toutes les espèces végétales et animales continuent d'y trouver les conditions dans lesquelles elles peuvent vivre et se reproduire.

Par ailleurs, comme toutes les espèces n'ont pas les mêmes besoins, les stratégies d'aménagement forestier devront être flexibles en ce qui a trait à la distribution des aires de récolte et aux techniques d'aménagement. On doit aussi s'efforcer de maintenir, en tout temps, de vieilles forêts ou, du moins, de préserver certaines de leurs composantes, puisqu'elles abritent des espèces végétales et animales particulières.

Le maintien de la biodiversité dans les forêts privées

Chaque agence régionale de mise en valeur des forêts privées doit favoriser le développement durable des ressources du milieu forestier dans la région qu'elle chapeaute. Elle doit notamment élaborer un plan de protection et de mise en valeur qui tient compte des critères du développement durable énoncés dans la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, et contribuer ainsi au maintien de la biodiversité. Par ailleurs, pour favoriser l'atteinte de ce dernier objectif, certaines dispositions ont été intégrées aux programmes d'assistance financière à la forêt privée. Enfin, le Ministère met à profit son expertise technique et sa connaissance des écosystèmes forestiers du sud du Québec pour assurer la protection des écosystèmes forestiers exceptionnels situés dans les boisés privés.




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