La maladie débilitante chronique des cervidés

Fiche descriptive

Qu’est-ce que la maladie débilitante chronique?

La MDC est une maladie dégénérative mortelle du système nerveux central des cervidés, notamment le cerf de Virginie et l’orignal. Elle fait partie de la famille des encéphalopathies spongiformes transmissibles (EST). Elle s’apparente à l’encéphalopathie spongiforme bovine (la maladie de la vache folle) et la tremblante du mouton. Ces maladies sont causées par un prion, soit une particule se trouvant naturellement dans les cellules du système nerveux. Les prions qui causent les EST ont une conformation anormale et sont capables de transmettre cette anomalie aux prions sains. L’accumulation de prions anormaux provoque l’éclatement des cellules nerveuses.

Où la MDC se trouve-t-elle et est-elle au Québec?

La MDC est en expansion en Amérique du Nord. Depuis son apparition au Colorado en 1967, elle s’est propagée dans 24 autres États américains et deux provinces canadiennes, soit l’Alberta et la Saskatchewan. Près du Québec, quelques cas de MDC ont été détectés dans l’État de New York en 2005 mais, grâce aux actions rapides et efficaces mises en place, aucun autre cas n’y a été décelé depuis. En 2016, la MDC a été détectée pour la première fois en Europe, soit chez des rennes et des orignaux en Norvège.

Répartition nord-américaine de la maladie débilitante chronique des cervidés (MDC)

Répartition nord-américaine de la maladie débilitante chronique des cervidés (MDC)  en septembre 2018 (de U.S. Geological Survey)
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Au Québec, un cas isolé de MDC a été confirmé en septembre 2018  dans un élevage de cervidés situé dans la région administrative des Laurentides. L’Agence canadienne d’inspection des aliments, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et le MFFP enquêtent afin de déterminer l’origine de la contamination.

Aucun autre cas n’a été détecté à ce jour au Québec dans le cadre du programme de surveillance effectué par le MAPAQ chez les cervidés en captivité et par le MFFP chez les cervidés sauvages.

Existe-t-il un risque pour la faune sauvage?

Bien que la maladie ait été détectée dans un élevage, la situation requiert d’évaluer si la maladie touche la faune sauvage et de limiter le risque de propagation dans les populations de cervidés. La MDC peut se transmettre par contact direct à travers les clôtures ou par contact indirect avec des fluides contaminés (ex. : urine, salive, fèces).

Pourquoi se préoccuper de la MDC?

Il n’existe aucun traitement ni vaccin connu pour les maladies à prions.

Une fois la MDC introduite dans la faune sauvage, il est extrêmement difficile de l’éliminer.

La MDC est mortelle pour les cervidés infectés. Un déclin des populations nuirait aux activités de chasse et aux retombées économiques qui leur sont associées.

Comment la maladie se propage-t-elle?

On ne connaît pas avec certitude le mode de transmission de la MDC. Étant donné que le prion se trouve notamment dans l’urine, les selles, la salive et le sang des animaux atteints, il est généralement admis que les principales voies de transmission sont les contacts directs entre les cervidés et la contamination par ingestion de prions se trouvant dans un environnement contaminé par des animaux infectés. Le prion contagieux est très résistant et peut demeurer plusieurs années dans l’environnement.

La maladie peut se propager géographiquement par :

  • les mouvements de cervidés vivants infectés;
  • le transport de carcasses ou de parties de carcasses de cervidés sauvages infectés;
  • l’utilisation de produits dérivés de cervidés infectés (par exemple l’urine).

La maladie peut se propager des cervidés sauvages à ceux d’élevage et vice-versa. La propagation de la maladie semble plus rapide dans les zones où l’on trouve des concentrations élevées de cervidés, par exemple dans les élevages et sur les lieux de nourrissage et d’appâtage.

Comment reconnaît-on un animal atteint par la MDC?

Les signes cliniques suivants peuvent être observés chez un cervidé atteint de la MDC, surtout en phase terminale de la maladie :

  • maigreur excessive et détérioration de la condition physique;
  • salivation et miction excessives;
  • tremblements subtils de la tête;
  • tête et oreilles basses;
  • position d’appui des membres élargie;
  • pelage terne, pâle et hérissé (l’animal peut conserver son pelage d’hiver beaucoup plus longtemps qu’à la normale);
  • agressivité, panique ou autre comportement anormal;
  • léger trouble de la coordination des mouvements.

Puisque les manifestations physiques de la maladie surviennent généralement de 18 à 48 mois après que l’animal a été infecté, un cervidé peut être porteur de la MDC sans présenter de signes cliniques.

Cerf de Virginie amaigri par la MDC.

Cerf de Virginie amaigri par la MDC. (photo fournie par Dr. Terry Kreeger, Wyoming Fish and Game Department)
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Jeune wapiti adoptant une posture typique des derniers stades de la maladie (tête et oreilles basses, position élargie des membres).

Jeune wapiti adoptant une posture typique des derniers stades de la maladie (tête et oreilles basses, position élargie des membres). (photo fournie par Dr. Terry Kreeger, Wyoming Fish & Game Department)
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Est-ce que la maladie peut se transmettre à d’autres espèces que des cerfs?

La maladie touche uniquement les cervidés tels le cerf de Virginie, le wapiti, le cerf mulet, l’orignal et le caribou.

Existe-t-il un risque pour la santé humaine?

À l’heure actuelle, aucune preuve scientifique n’indique que la MDC puisse se transmettre aux humains. Cependant, comme cette maladie implique des prions, le principe de précaution s’impose. Il est recommandé par Santé Canada que tout tissu provenant d’un animal connu pour être infecté par la MDC ne soit pas utilisé ou consommé par les humains.

Existe-t-il un risque pour les animaux de compagnie et les animaux domestiques (bétail)?

Non, seuls les cervidés sont touchés par cette maladie.

Comment peut-on avoir l'assurance qu'un cervidé n'est pas atteint de la MDC?

Seule une analyse des tissus cérébraux et lymphatiques d’un animal âgé de plus de 12 mois permet de poser un diagnostic efficace de la maladie.

Les cerfs québécois sous observation

Il est primordial de détecter rapidement l’introduction de la MDC au Québec afin d’augmenter les possibilités d’élimination de la maladie et de limiter sa propagation, tout en réduisant les coûts associés à ces interventions. C’est pourquoi le Ministère a mis en place des mesures pour protéger la faune de la MDC.

Ainsi, depuis 2007, le Ministère réalise, avec la collaboration du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, un programme de surveillance des cerfs sauvages dans les secteurs les plus à risque pour l’introduction de la MDC, soit dans l’extrême sud du Québec. Au cours des 10 dernières années, plus de 9 500 cerfs ont été analysés, et aucun cas de MDC n’a été détecté.

Nombre de cerfs de Virginie analysés pour la maladie débilitante chronique (MDC) dans le sud du Québec d'octobre 2007 à décembre 2016.

Nombre de cerfs de Virginie analysés pour la maladie débilitante chronique (MDC) dans le sud du Québec d’octobre 2007 à décembre 2016.

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À l’origine, le programme était essentiellement basé sur la collecte et l’analyse des cerfs de Virginie victimes d’un accident de la route, mais depuis 2013, la très grande majorité des animaux analysés pour la MDC sont des cerfs abattus à la chasse, particulièrement dans les régions de l’Estrie et de la Montérégie.

Dans le reste de la province, le risque d’introduction est considéré comme moins élevé. Par conséquent, la surveillance y est moins intensive. Les spécimens analysés sont principalement des cervidés montrant des signes cliniques pouvant être associés à la MDC. Bien que ces derniers soient peu nombreux, ils constituent une priorité en ce qui concerne l’échantillonnage puisque cette catégorie de spécimens présente une probabilité plus élevée d’être infectée par la MDC.

Rapports

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