Mardi 12 octobre 2021

Maintien de la biodiversité en milieu forestier

En collaboration avec l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Le maintien de la biodiversité est l’un des enjeux actuels de l’aménagement forestier durable. Pour y répondre, il est essentiel de poursuivre l’acquisition de connaissances sur la biodiversité terrestre et aquatique. Dans un monde en changement, quels sont les effets de l’aménagement forestier sur cette biodiversité? Quels changements influencent l’habitat de certaines espèces sensibles à l’aménagement forestier? Quelle est l’importance de l’organisation spatiale de la forêt mature et vieille? Il s’agit là de quelques questions auxquelles les projets de recherche présentés lors de ce rendez-vous visent à répondre.

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13 hMot d’ouverture

Frédéric Dufour, directeur général de la connaissance forestière et directeur de la recherche forestière p.i., ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

13 h 10 Portrait du niveau de perturbation à l’échelle du paysage dans la pessière de l’ouest

Conférenciers : Nicole J. Fenton, professeure-chercheur, codirectrice de l’Institut de recherche sur les forêts (IRF) et titulaire de la Chaire industrielle CRSNG-UQAT sur la biodiversité en contexte minier, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

et Enrique Rodriguez Hernandez, doctorant en sciences de l’environnement, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Les paysages de la forêt d’épinettes de l’ouest du Québec sont des mosaïques de zones naturelles et de zones anthropisées. Nous considérons comme naturels les peuplements forestiers bien conservés, mais aussi certains affectés par des perturbations naturelles et anthropiques (feux de forêt, les épidémies d’insectes et les activités sylvicoles). Les zones anthropisées, quant à elles, comprennent les zones urbaines, les routes et les terres agricoles. L’hétérogénéité de tous ces espaces définit la composition (types et quantité de couvert végétal) et la configuration (disposition spatiale) des paysages, qui impactent la biodiversité qu’ils abritent.

L’étude de l’influence de la composition et de la configuration des paysages (CCP) sur la biodiversité permet d’améliorer nos connaissances sur l’aménagement du paysage en fournissant des informations sur la façon dont sa configuration pourrait aider à maintenir la biodiversité et la qualité de la forêt dans un contexte de gestion forestière durable. Pour ce faire, nous utilisons les bryophytes (hépatiques et mousses) comme indicateurs. Ces plantes sont l’une des principales composantes biologiques des forêts d’épinettes, occupant une grande variété de microhabitats. En raison de leur sensibilité aux changements environnementaux, elles constituent un groupe d’étude idéal.

Les objectifs de notre étude sont 1) d’évaluer l’effet des perturbations du paysage en considérant les CCP sur la diversité des bryophytes, en particulier sur leur nombre et le renouvellement des espèces au niveau du peuplement, et 2) de déterminer les seuils de perturbations liées aux caractéristiques des CCP qui permettent de préserver la diversité régionale des bryophytes.

13 h 35Détermination des anomalies thermiques dans les lacs hébergeant l’omble chevalier oquassa en utilisant l’imagerie infrarouge aéroportée

Conférencier : Pascal Sirois, Professeur et titulaire de la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées, Université du Québec à Chicoutimi

Les opérations forestières doivent maintenir et protéger la biodiversité sur le territoire québécois. L’omble chevalier de la sous-espèce oquassa est un poisson d’eau douce que l’on trouve au Québec au sud du 52e parallèle. Les populations du Québec méridional sont isolées depuis le retrait des glaciers. Elles constituent une grande valeur sur le plan génétique et patrimonial. Pour cette raison, le  ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a établi, en 2013, des mesures de protection de l’omble chevalier oquassa à l’égard des activités d’aménagement forestier. Néanmoins, le besoin de connaissances sur la localisation des frayères de l’espèce a été soulevé. L’objectif général de ce projet était de développer une nouvelle méthode innovante par imagerie infrarouge thermique dans le but de localiser les frayères en lac de l’omble chevalier oquassa. Plus spécifiquement, le projet visait à déterminer les zones de résurgence d’eaux souterraines dans la zone littorale des lacs et à valider l’utilisation de ces zones de résurgence par les salmonidés pour la reproduction.

14 h 10Analyse de la végétalisation des chemins forestiers et de leur utilisation par les prédateurs et compétiteurs du caribou forestier dans le nord du Québec

Conférencier : Pierre Drapeau, professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal et directeur du Centre d’Étude de la Forêt (CEF)

Collaborateurs : Louis Imbeau (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Osvaldo Valeria (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue), Martin-Hugues St-Laurent (Université du Québec à Rimouski) et Sonia Légaré (Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs – Nord du Québec)

Ce projet consiste à analyser, au moyen de caméra-pièges, les effets à court terme du niveau de végétalisation du réseau des chemins forestiers sur la fréquentation des prédateurs (loups et ours) et de leurs proies (caribous et orignaux), dans un contexte de développement de stratégies de restauration de l’habitat essentiel des populations boréales du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou, ci-après caribou forestier). L’étude vise à mieux comprendre la dynamique de végétalisation des chemins forestiers de petit calibre (classe 4 et d’hiver) de même que l’effet du type et de l’âge des chemins forestiers, de leurs caractéristiques locales et du paysage sur leur niveau d’utilisation par la grande faune, notamment les prédateurs du caribou (loup gris et ours noir) et la principale proie alternative, l’orignal, dans les territoires fréquentés par les caribous forestiers du Nord-du-Québec. Les connaissances des dynamiques de végétalisation des chemins forestiers de même que de leur fréquentation par les prédateurs du caribou et de leurs proies alternatives (orignaux) seront intégrées pour orienter les efforts de planification et de gestion de la voirie forestière ainsi que les stratégies de restauration de l’habitat du caribou, par végétalisation naturelle et fermeture ou déstructuration active et remise en production des chemins forestiers. Ultimement nos résultats contribueront au rétablissement des populations de caribous forestiers en forêt aménagée.

14 h 35Intégrer des besoins en habitat de la faune exploitée dans la planification forestière : écologie du pékan et de la martre d’Amérique en forêt feuillue

Conférenciers : Louis Imbeau, doyen à la recherche et à la création, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue,

Pauline Suffice, professionnelle de recherche, Chaire de leadership en enseignement en foresterie autochtone, Université Laval

et Nathan Chabaud, étudiant au doctorat en sciences de l’environnement, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

Collaborateurs : Marc J. Mazerolle (Université Laval), Pierre Drapeau (Université du Québec à Montréal), Marianne Cheveau (Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec) et Hugo Asselin (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue)

Le pékan et la martre d’Amérique sont deux espèces utilisées pour guider l’aménagement forestier durable au Québec. L’objectif général des travaux de recherche menés à l’UQAT au cours des dernières années vise à acquérir des connaissances sur les rôles respectifs des conditions d’habitat, des conditions climatiques ainsi que de la compétition pour expliquer l’augmentation du pékan et la diminution de la martre au Québec. Les savoirs locaux des piégeurs ont d’abord permis d’établir que le pékan est moins affecté que la martre par l’aménagement forestier et semble également bénéficier du changement climatique pour étendre son aire de répartition. Les analyses des rendements annuels de récolte, à l’échelle des unités de gestion des animaux à fourrure (UGAF), révèlent que le pékan bénéficie surtout d’un accroissement des superficies couvertes par des forêts mixtes résultant de décennies de récolte forestière. Des données issues d’un réseau de 49 pièges photographiques suivi pendant deux automnes ont permis de documenter l’occupation de sites des deux espèces dans la forêt tempérée feuillue à une plus fine échelle spatiale que les UGAF. La poursuite de ces suivis permettra de documenter à plus long terme les dynamiques d’occupation des sites au cours de plusieurs années. Les travaux en cours impliquant la pose de balises GPS sur une vingtaine de pékans au Témiscamingue permettront de mieux documenter les préférences fines d’habitat de cette espèce.

15 h 15Mot de la fin

Louis Imbeau, Doyen à la recherche et à la création, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue

* Les heures sont données à titre indicatif seulement. Le déroulement de la rencontre peut varier. 

* Le contenu des présentations des conférenciers n’engage qu’eux. Vous aurez ici accès à leurs présentations et aux enregistrements des conférences à la suite de l’événement.