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Prévention et détection des feux ainsi que lutte contre le feu

L’organisation opérationnelle

Le Québec est à la fine pointe en matière de planification stratégique des interventions. Le système québécois de protection des forêts contre le feu s’appuie sur l’expertise et les ressources humaines et matérielles pour la prévention, la détection et la lutte. Il fait notamment appel à des spécialistes en comportement du feu et en météorologie, à des équipes spécialisées en intervention ainsi qu’à une flotte d’avions de détection, d’avions-citernes et d’hélicoptères. Il dispose entre autres :

  • d’un centre provincial de lutte (CPL), situé à Québec, responsable de la stratégie à l’échelle du Québec ainsi que de la coordination et de l’harmonisation du travail de toutes les ressources de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU), et;
  • de quatre bases principales (Baie-Comeau, Roberval, Maniwaki et Val-d’Or) disposant chacune d’un centre régional de lutte (CRL) chargé des interventions et de la conduite des opérations tactiques de prévention, de détection et de lutte sur le terrain.

La prévention

Les statistiques montrent qu’environ 75 % des incendies sont causés par l’humain dans la moitié sud du Québec (zone de protection intensive). L’objectif des activités de prévention est d’abaisser constamment cette moyenne des 10 dernières années.

Parmi les mesures utilisées pour prévenir l’allumage de ces feux, notons l’information et l’éducation du public, la production de matériel pour la prévention, l’inspection de la machinerie forestière, la délivrance de permis de brûlage ainsi que l’application de mesures préventives (ex. : suspension des permis de brûlage, interdiction de faire des feux à ciel ouvert, restriction des travaux en forêt, prohibition d’accès et de circulation en forêt, etc.).

L’anticipation des feux

Des services spécialisés (ex. : observations et prévisions météorologiques, outils d’aide à la décision, systèmes informatiques, réseau de télécommunication, réseau de détection de la foudre, etc.) sont développés et exploités en vue d’anticiper les situations potentiellement problématiques et de s’assurer de la disponibilité et de la localisation optimales des moyens de détection et de combat à travers la province.

Le système d’information sur les incendies de forêt (SIIF) de la SOPFEU lui permet, ainsi qu’au Ministère, d’avoir en main toutes les informations nécessaires à la prise de décisions. Grâce à ce système, les spécialistes peuvent obtenir, en tout temps, une synthèse des données les plus récentes en matière de météorologie, de feux de forêt, de gestion des ressources de lutte et de suivi des coûts de protection contre les feux de forêt. Ils peuvent aussi analyser un ensemble de paramètres comme la sécheresse, les combustibles en place et la vitesse de propagation du feu pour cerner les secteurs où les risques de feux de forêt sont élevés. Comme la foudre est responsable de 25 % des feux de forêt et de 83 % des superficies incendiées en zone de protection intensive (données de 1972 à 2017), son suivi par le biais d’un réseau de détecteurs est important. Les résultats sont combinés à d’autres données pour calculer la probabilité d’occurrence des feux.

Des modèles de prévisions météorologiques et de prédiction de l’occurrence et du comportement des feux en constant développement permettent d’anticiper le travail de lutte et d’adapter les ressources en conséquence.

La détection

Afin de réduire l’effort requis pour combattre les feux, une détection hâtive, un déploiement précoce des ressources et une attaque initiale rapide et forte sont privilégiés. En saison de protection, lorsque les conditions sont propices à l’éclosion de feux de forêt, des avions de détection survolent le territoire québécois à la recherche de fumées suspectes. Leur circuit est établi selon le danger d’incendie, la foudre, les conditions météorologiques et les feux en activité. L’imagerie satellitaire est aussi utilisée en complément comme outil de détection. Tout nouveau feu détecté est rapporté rapidement au centre provincial de lutte (CPL). L’information recueillie sur les nouveaux feux vient compléter celle fournie par le public et est transférée de façon électronique au SIIF pour traitement par le CPL.

Les outils de lutte

En cas de feux de forêt, des avions-citernes amphibies et des équipes héliportées ou terrestres sont déployés pour intervenir rapidement et efficacement. Considérant l’étendue du territoire québécois sous protection intensive (plus de 50 millions d’hectares de forêt), l’avion-citerne est l’un des outils privilégiés lors de l’attaque initiale en raison de sa rapidité d’intervention et du grand nombre de plans d’eau dans la province. Lorsque les avions citernes sont utilisés pour contenir la progression des feux de forêt, les équipes héliportées ou terrestres de pompiers forestiers complètent l’extinction de ces derniers grâce à de l’équipement adapté (ex. : motopompes, tuyaux, outils manuels, etc.) et parfois à de la machinerie lourde.

Échanges de ressources de lutte

Lorsqu’il y a lieu, des ressources humaines et matérielles de lutte contre les feux de forêt sont échangées entre les différents organismes de protection canadiens, mais aussi entre les organismes de protection canadiens et américains. Le Québec a notamment adhéré, avec le gouvernement fédéral, les autres provinces canadiennes, ainsi que les Territoires du Nord-Ouest et le Yukon, à l’Accord d’aide mutuelle en cas d’incendies de forêt, lequel est géré par le Centre interservices des feux de forêt du Canada (CIFFC). Le Québec fait aussi partie de la Northeastern Forest Fire Protection Commission (NFFPC), ou Pacte des États du nord-est sur la protection contre les feux de forêt, qui regroupe sept États américains, les forêts nationales de la Nouvelle-Angleterre et deux agences fédérales américaines, ainsi que la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador.

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