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Superficies affectées par les feux de forêt



Les feux de forêt ont modelé le territoire forestier au fil des siècles. Par leur effet sur la composition et la répartition des peuplements forestiers, les feux jouent un rôle déterminant dans la dynamique des écosystèmes.

Le Québec protège ses forêts contre le feu en appliquant une politique de gestion qui tient compte des aspects écologiques, économiques et sociaux. Dans son cheminement vers un développement durable, le Québec doit pouvoir évaluer l’état de ses forêts en mesurant, notamment, l’ampleur et les impacts des feux qui affectent son territoire. Actuellement, les données disponibles permettent de dresser un portrait de la situation des feux qui affectent chaque année les forêts québécoises, mais pas d’évaluer les effets sur la productivité et la résilience1 .

Dans le cadre de cet indicateur, les données sont présentées sous la forme d'un portrait annuel du nombre de feux répertoriés et de la superficie de forêt affectée dans la zone de protection intensive au cours de la période 1973-2004.

Pour plus de renseignements sur les méthodes de suivi des feux de forêt, consulter les précisions méthodologiques.

Principaux constats

Superficie affectée
  • Au Québec, les superficies brûlées de 1973 à 2004 représentent moins de 4 % de la superficie des forêts sous aménagement (42,4 millions ha)2.
  • Entre 1973 et 2004, un total de 1 794 256 ha de forêt ont été affectés par le feu pour une moyenne annuelle d’environ 56 000 ha. Chaque feu aurait affecté en moyenne 60 ha de forêt, soit un peu plus de 0,5  km² de forêt.
  • En 2004, 258 ha de forêt ont été affectés par 300 feux, pour une moyenne de 0,9 ha par feu. Il s’agit de la plus petite superficie annuelle affectée par le feu au cours de la période.
  • À l’inverse, 1991 est l’année où le feu a affecté la plus grande superficie de forêt : près de 380 000 ha de forêt ont été touchés par 1 156 feux, pour une moyenne de 329 ha par feu.
  • On compte six années (1983, 1986, 1991, 1995, 1996 et 2002) où la superficie affectée par les feux est au moins deux fois plus grande que la moyenne annuelle de la période (56 071 ha).
Nombre de feux
  • Un total de 29 701 feux ont été répertoriés entre 1973 et 2004, soit une moyenne de 928 feux par année.
  • Les années 1973, 1993, 1994, 2000 et 2004 sont caractérisées par un nombre de feux relativement faible soit respectivement 508, 518, 463, 475 et 300.
  • À l'inverse, 1975 est l'année où l'on a répertorié le plus grand nombre de feux, soit 1 963.

Les données présentées indiquent que la superficie affectée et le nombre de feux répertoriés chaque année sont très faiblement corrélés. De plus, on observe une grande variabilité du nombre de feux et un grand écart entre la dimension des superficies incendiées d’une année à l’autre3.

Causes des feux de forêt

De manière à mieux cerner l’impact des feux d'origine naturelle et anthropique, un bilan des vingt dernières années (de 1985 à 2004) est également présenté. Une analyse plus détaillée des principales causes des feux de forêt en fonction de la classe de superficie brûlée et de la période de l’année où les feux se sont produits permet de faire les constats suivants :

  • Près de 83 % de la superficie forestière qui a brûlé entre 1985 et 2004 (1 427 488 ha) a été affectée par des feux de foudre. Les feux d'origine anthropique4 représentent 17 % de la superficie affectée.
  • La foudre a causé environ 27 % des feux répertoriés au cours de ces 20 années (16 713). Les autres feux (73 %) sont d’origine anthropique : 57 % sont attribués aux activités humaines non commerciales et 16 % aux activités humaines commerciales.
  1. La résilience d'un écosystème correspond à sa capacité de récupérer après une perturbation. Dans le cas présent, l'adaptabilité des espèces végétales au feu est un critère important dans le maintien d'un écosystème.
  2. Source: MRNFP, 2004. Ressources et industries forestières : portrait statistique édition 2004.
  3. Des informations additionnelles sur les conditions météorologiques, l’état des combustibles et le degré d’utilisation des moyens de lutte au moment du déclenchement de chaque feu sont des éléments d’information qui permettront éventuellement de mieux cerner les raisons expliquant cette grande variabilité du nombre et de la superficie des feux d’une année à l’autre.
  4. Les feux d'origine anthropique regroupent les feux causés par les activités humaines commerciales (opérations forestières et industrielles, chemins de fer) et les activités humaines non commerciales (incendiaires, résidants, récréation).

 


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