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Escargot.

Pleins feux sur… la reproduction chez les espèces hermaphrodites

Ver de terre.

Ver de terre. © Fir0002/Flagstaffotos.

Chez certaines espèces, les individus possèdent à la fois les organes reproducteurs femelles et les organes reproducteurs mâles. Ce sont des hermaphrodites. Ce phénomène est très présent chez les végétaux. Dans le règne animal, on en trouve surtout chez les invertébrés comme les insectes, les mollusques, les vers, etc. Laisse-moi te présenter quelques caractéristiques d’espèces hermaphrodites.

La reproduction des vers de terre est fascinante!

Prenons par exemple une espèce que l’on trouve au Québec, le lombric commun (Lumbricus terrestris) qui, comme plusieurs autres espèces de vers de terre, est hermaphrodite. Malgré le fait que les vers de terre possèdent les organes reproducteurs des deux sexes, la plupart du temps, ils ont quand même besoin d’un partenaire pour se reproduire. Généralement, le lombric est un hermaphrodite à fécondation croisée, c’est-à-dire que ça prend absolument deux vers de terre pour que la reproduction fonctionne.

Vers de terre.

Vers de terre. © Jackhynes.

Lorsque la maturité sexuelle du ver est atteinte, son corps subit une transformation. Un segment du corps du ver de terre se gonfle et sécrète un mucus. C’est ce que l’on appelle le clitellum et il se développe avant l’accouplement. Lorsque deux vers de terre en âge de se reproduire se rencontrent, ils sécrètent ce mucus qui les maintiendra ensemble lors de l’accouplement et qui facilitera l’échange de gamètes entre les deux individus. Les deux partenaires reçoivent et transfèrent du sperme lors de la même copulation. Cet échange de gamètes peut durer plus de trois heures. Il n’y a pas vraiment de saison de reproduction chez les vers de terre, mais ceux-ci préfèrent les nuits chaudes et humides.

En résumé, un ver de terre est à la fois la mère de ses petits et le père des petits de son partenaire. C’est simple non?

Les escargots terrestres : des cupidons insoupçonnés!

Escargot terrestre.

Escargot terrestre. © Jean-Guy Béliveau,
Le monde en images.

Les vers de terre ne sont pas les seuls invertébrés à avoir des comportements reproducteurs particuliers. Les escargots terrestres sont eux aussi des hermaphrodites à fécondation croisée, mais dans leur cas, c’est surtout leur parade nuptiale qui attire l’attention.

Avant de passer à l’acte, certains escargots peuvent se faire la cour pendant une période qui peut durer jusqu’à 12 heures. Durant les préludes, les partenaires exécutent langoureusement une « danse nuptiale ». Cette danse est accompagnée de plusieurs « baisers » gluants.

Escargots.

Escargots. © Adina Voicu.

Certaines espèces d’escargots terrestres sont de vrais cupidons. Ils ne lancent pas vraiment de flèche mais ils utilisent ce que plusieurs appellent le « dard de l’amour ». Cette technique de séduction des plus intrigantes consiste à insérer, à travers la peau de son partenaire, un dard qui ressemble en fait à une épée. Ce dard est principalement composé de calcium et est recouvert de mucus. Il semble que cette action permette à l’escargot de transférer dans son partenaire une substance qui affecte les organes reproducteurs de celui-ci. Mais cette technique n’est pas sans risque, car l’espérance de vie d’un escargot ayant reçu un dard peut être significativement réduite.

Le nudibranche : un autre hermaphrodite peu connu!

Nudibranche à crinière.

Nudibranche à crinière.
© Robin Agarwal.

Laisse-moi maintenant te présenter un autre animal hermaphrodite fascinant : le nudibranche. Tu n’as jamais entendu parler de nudibranche avant? Et tu n’en as probablement jamais vu non plus. Le nudibranche n’est pas un animal qui se rencontre dans ta cour arrière ni lors d’une balade en forêt. Par contre, si tu fais de la plongée sous-marine dans l’estuaire ou dans le golfe du Saint-Laurent, il est possible que tu en rencontres quelques-uns.

Le nudibranche fait partie de l’embranchement des mollusques, tout comme l’escargot et la moule. Mais, contrairement à ces derniers, il ne possède pas de coquille externe. Les nudibranches sont aussi appelés « limaces de mer ». Bien évidemment, ce nom est en lien avec leur apparence, car les limaces terrestres et les nudibranches ne sont même pas de proches parents. On trouve plus d’une vingtaine d’espèces différentes de nudibranches dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, de couleurs et de formes très variées.

Nudibranche rouge.

Nudibranche rouge. © Bernard Picton.

Malgré son air inoffensif, le nudibranche a plus d’un tour dans son sac. Certaines espèces, comme le nudibranche rouge (Coryphella verrucosa), ont un moyen de défense inusité et très efficace. La désagréable sensation de brûlure qu’un prédateur (ou un plongeur) ressent lorsqu’il touche à un nudibranche reste dans la mémoire de celui-ci très longtemps. En effet, le nudibranche possède une structure qui déclenche une substance irritante dès qu’on lui touche. Toutefois, ce qui est plus fascinant encore, c’est que ce n’est pas le nudibranche qui fabrique cette structure, mais il la recycle à partir des proies dont il se nourrit (comme les anémones par exemple).

Il paraît que…

  • Chez certaines espèces de vers de terre hermaphrodites, il est possible que les organes reproducteurs mâle et femelle ne soient pas à maturité au même moment. On parle alors d’hermaphrodite successif.

Pour en savoir plus…

National Geographic

Doris

Espace pour la vie