Les gallicoles ou galligènes (insectes et acariens)

Les organismes « gallicoles ou galligènes » sont des insectes ou des acariens (pucerons, cécidomyies, guêpes, longicornes, phytoptes) qui provoquent la formation de galles ou de cécidies sur les fleurs (photo 1), les feuilles (photos 2, 3 et 4), les bourgeons (photos 5 et 6), les rameaux (photo 7), les branches (photo 8) , les tiges ou les racines des arbres.

Les galles sont des déformations des tissus, mais les mécanismes physiologiques à l’origine de ces malformations sont malheureusement peu connus et mal documentés. Quand ils se nourrissent, plusieurs insectes et acariens incorporent ou injectent dans leur salive une toxine hormonale extrêmement active qui induit un développement anormal des tissus. Chez d’autres espèces, c’est la femelle qui cause l’apparition des galles en perçant les tissus de la plante pour y insérer des œufs.

Photo 1 – Galles de cynipe sur les fleurs mâles d’un chêne rouge.

Photo 2 – Feuille de chêne parsemée de galles du genre Amphibolips.

Photo 3 – Galles de la cécidomyie ocelligène, Acericecis ocellaris (O.S.), déformant des feuilles d’érable rouge.

Photo 5 – La cécidomyie strobilaire, Rhabdophaga strobiloides (O.S.), provoque l’apparition de galles sur le bourgeon terminal d’un saule.

Photo 8 – Branche de tremble affublée de galles de saperdes.

Photo 4 – Jeunes feuilles de tremble déformées par des galles attribuables au puceron vagabond du peuplier, Mordwilkoja vagabunda (Walsh).

Photo 6 – Galle sur le bourgeon latéral d’une épinette blanche occasionné par la cécidomyie de l’épinette, Rhabdophaga swainei Felt.

Photo 7 – Galle attribuable à l’agromyze gallicole du peuplier, Hexmyza schineri (Gir.), sur un rameau de peuplier faux-tremble.

Dans la plupart des cas, les galles se forment au printemps, alors que la plante est en pleine croissance et que les divisions cellulaires sont importantes. Comme les tissus jeunes ou méristèmes sont tendres, gorgés de sève et riches en éléments nutritifs, ce sont donc les premières victimes. Les bourgeons, les extrémités des rameaux, les fleurs et les jeunes feuilles sont les cibles favorites des insectes et acariens galligènes. Des individus d’une même espèce provoquent toujours la formation de galles identiques sur les mêmes parties de leurs hôtes. L’identification de l’insecte est ainsi facilitée.

Les galles renferment généralement plusieurs œufs (photos 9 et 10), mais parfois on n’en trouve qu’un (photos 11 et 12). C’est là que les œufs éclosent et que les jeunes se développent. Quand le développement des insectes et des acariens est terminé, ils se fraient un passage vers l’extérieur où la galle se dessèche, ce qui les libère automatiquement (photos 13 et 14).

Photo 9 – Galle en spirale sur un pétiole d’une feuille de peuplier causée par un puceron du genre Pemphigus.

Photo 10 – L’intérieur de la même galle montrant une colonie importante de pucerons.

Photo 11 – Galles qui abritent des larves de cécidomyie sur une feuille de tremble.

Photo 12 – Feuille de saule entachée par une galle de tenthrède du genre Pontania.

Photo 13 – Au printemps, galle du puceron à galle conique de l’épinette en formation sur une nouvelle pousse de cette essence.

Photo 14 – À l’automne, galles ouvertes du puceron à galle conique de l’épinette, Adelges abietis (L.).

Les galligènes appartiennent surtout à l’ordre des Hyménoptères (cynipes, photos 1 et 2), mais certains font partie des Homoptères (pucerons, photos 4, 9, 10, 13 et 14). D’autres, moins nombreux, sont classés avec les Diptères (cécidomyies, photos 3, 5, 6 et 11 et agromyses, photo 7). Les insectes des deux premiers groupes ont des cycles évolutifs fort complexes. Certains se répandent au rythme de plusieurs générations par année et à la faveur d’hôtes secondaires.

Les diptères galligènes ont un cycle évolutif plus simple et ne se reproduisent qu’à raison d’une génération par année. Quelques espèces de Coléoptères (cerambycidés, photo 8), d’Hyménoptères (tenthrédinidés, photo 12) et de Lépidoptères (tortricidés) peuvent provoquer l’apparition de galles isolées sur les feuilles, les rameaux des arbres ainsi que sur les plantes arbustives. Enfin, tous les acariens galligènes sont membres de la famille des ériophyidés, communément appelés « phytoptes » (photos 15, 16, 17 et 18).

Photo 15 – Galles fusiformes causées par le phytopte du tilleul, Phytoptus abnormis Gar., sur la face supérieure d’une feuille de tilleul.


Photo 16 – Galles attribuables au phytopte vésiculaire de l’érable, Vasates quadripedes Shimer, sur des feuilles d’érable argenté.

Photo 17 – Feuilles d’érable à sucre couvertes de galles du phytopte fusiforme de l’érable, Vasates aceriscrumena (Riley & Vasey).

Photo 18 – Feuille d’érable à sucre infestée de galles microscopiques du phytopte veloutant de l’érable, Aceria elongatus (Hodg.).

Hôtes

Le chêne est l’hôte préféré de plusieurs espèces de galligènes et, surtout, des cynipes. Les homoptères, les diptères et les acariens préfèrent les peupliers, les saules, les bouleaux, les érables, les frênes, les ormes et les tilleuls chez les feuillus et les épinettes chez les conifères.

Détection

Les excroissances anormales sont d’excellents indices pour détecter les insectes et les acariens galligènes qui affectent les arbres. Chaque espèce de galligène provoque en effet l’apparition de galles spécifiques, c’est-à-dire qui ont une allure et, parfois, une couleur spécifique et qui se forment en des points déterminés de l’hôte. Il est donc facile de les identifier.

Dégâts

Les dommages causés par les galligènes sont généralement insignifiants. Habituellement, seule la beauté de l’arbre est affectée temporairement.

Lutte et traitement

Comme plusieurs agents naturels assurent la régulation des populations d’insectes et d’acariens galligènes, il est rarement nécessaire d’engager la lutte contre eux. De toute façon, leur nombre fluctue très peu d’une année à l’autre et les galles se raréfient avec le temps.

Comme les galligènes ne causent pas de dommages sérieux, la lutte chimique est inutile. Toutefois, si l’on tient à intervenir, l’émondage des feuilles, des rameaux ou des branches suffit souvent à débarrasser les arbres. Si l’on est confronté au puceron à galle conique de l’épinette, on doit détruire les galles au milieu de l’été, avant qu’elles n’ouvrent pour libérer de nouveaux adultes (photos 13 et 14). Si l’infestation persiste ou semble s’aggraver, on peut appliquer une huile dormante tôt au printemps, avant le débourrement. On éliminera ainsi les nymphes qui ont hiverné à la base des bourgeons.